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Billet de blog 10 déc. 2021

Des martingales politiciennes en lieu et place de la politique.

La tête enfouie sous le sable, ils sont déjà à imaginer leur avenir, celui de leurs formations respectives, quand ce mauvais moment sera passé.

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La proposition de primaires d'Anne Hidalgo est surtout un "coup politique" visant à gagner quelques points dans des sondages qui sont pour elle, et pour Arnaud Montebourg, meurtriers. Quelques heures avant d'en faire l'annonce, elle disait le contraire à la télévision. Les réseaux sociaux, depuis, se font un plaisir de diffuser les deux interviews contradictoires.

Comme si la maire de Paris pensait qu'elle pouvait sortir de la crise d'identité que connaît sa formation politique avec des astuces de communication. Je ne lui ferai pas cette injure ni ne lui mettrai sur le dos une situation qui dépasse de beaucoup sa personne.

Que pour conduire son "coup", elle ait fait le choix de s'appuyer sur de légitimes aspirations unitaires qui animent encore, pour moi sans espoirs, beaucoup de citoyennes et de citoyens de son camp, m'est insupportable.

Mais c'est ce qu'est devenue la politique aujourd'hui qui pousse un parti qui a dominé la vie politique française pendant tant d'années jusqu'à y diriger, en même temps, l'Elysée, le Parlement et de nombreuses collectivités locales, départementales et régionales, dont la capitale, au lieu d'essayer d'analyser ce qui lui arrive pour changer, à rechercher des martingales politiciennes pour continuer sur la même voie que celle qui le conduit au bord de la disparition.

Il n'est pas le seul à le faire.

Et que la plus grande chaîne de télévision privée, TF1, en quelques heures, décide de participer au lancement, venu d'un train, d'un pétard vite mouillé, est aussi un signe des temps.

Qu'un ancien président socialiste de la République, immédiatement, lance des seaux d'eau dessus, ne surprend plus personne.

Il faut reconnaître la persévérance de la maire de Paris. Après avoir juré lors des élections municipales qu'elle ne briguerait aucun autre mandat,  la voilà qui déclare sa candidature depuis la province pour tenter de faire oublier qu'elle dirige la capitale. Elle s'y fait photographier dans un pré, au milieu de vaches. Pressentant que la marque n'était plus porteuse, elle a aussi voulu faire oublier qu'elle était socialiste en empruntant les habits verts de l'écologie et en circulant à vélo.

Le premier secrétaire de son parti avait donné l'exemple en annonçant, pour les mêmes raisons, qu'il était prêt à laisser la place à un écologiste pour l'élection présidentielle que nos concitoyens considèrent comme la plus importante. C'était sans compter  sur des éléphants qui, eux, n'avaient en tête que de maintenir une social-démocratie moribonde.

Un conte de Noël fut rapidement écrit avant l'heure pour transformer les résultats d'élections départementales et régionales sans électeurs, leur prime aux sortants, en triomphe des partis qui en avaient, au retour des jours heureux, avec l'annonce imprudente d'un recul de l'extrême droite ! Les médias et les politologues bien en cour reprenant ces fables, Anne Hidalgo, d'écologiste redevint sociale-démocrate, sous le regard sourcilleux de ses pairs.

Mais rien ne dit que les allers et retours soient terminés, en ces temps de fortes convictions.

Cette narration n'a que l'objectif d'illustrer pourquoi tant de citoyens se détournent de la politique dans sa conception dominante. Pourquoi aussi la gauche est à un niveau si historiquement bas, ses deux composantes principales, socialiste et communiste, ne cherchant même pas à en analyser les causes, ce qui conduit tant de progressistes à n'attendre rien des prochaines élections.

Les candidats qui se réclament de ce camp là non plus. La tête enfouie sous le sable, ils sont déjà à imaginer leur avenir, celui de leurs formations respectives, quand ce mauvais moment sera passé.

La vie continuera. L'extrême droite poursuivra son ascension et les capitalistes leur exploitation du travail salarié et leur domination sur nos vies.

Et nombreux, dans notre beau pays, resteront les étudiants qui pour manger à leur faim se tourneront vers les organisations caritatives, tandis que Méditerranée  et Manche continueront d'être des cimetières pour des immigrés que l'Union européenne abandonne à leur sort qu'aucun d'entre eux n'a choisi. 

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