Les mobilisations du 18 juillet, à proximité de l’Assemblée nationale et des préfectures, tombent à pic.
Si c’est la Fédération CGT des cheminots qui en a pris l’initiative, si la Confédération et sa secrétaire nationale se sont investies pour qu’elles réussissent, n’est autre que l’expression d’une double exigence : voir le programme du Nouveau Front Populaire, en particulier ses mesures d’urgence, améliorer au plus vite la vie de millions de concitoyens et lever l’indigne opposition du président de la République.
Cette double ambition n’est pas la propriété de la seule CGT.
Hommes et femmes de gauche, écologistes, jeunes, progressistes, démocrates, notre vote en a ouvert la perspective.
Il reste à en obtenir la concrétisation. Or ça bloque !
Nous sommes toutes et tous concernés.
Ne nous trompons pas d’adversaire. Le responsable est à l’Elysée. Il s’agit, avant toute chose, d’obliger le garant du respect des institutions de tenir compte du verdict des urnes, en appelant celui ou celle que le NFP, arrivé en tête du scrutin, aura désigné pour former un gouvernement, même minoritaire.
Ce que permettent les institutions, qui respecterait ce que ses prédécesseurs ont toujours fait.
Son déni de démocratie est intolérable. Il instaure une discrimination qui confine au racisme à l’encontre de millions de concitoyens qui ont clairement exprimé par leurs votes des 30 juin et 7 juillet deux exigences et un comportement électoral qui les honore : interdire l’accès du pouvoir à l’extrême droite, donner sa chance au NFP d’appliquer son programme et aller jusqu’à contribuer à l’élection d’adversaires politiques pour y parvenir.
La réciproque est beaucoup moins vrai.
Il en résulte une Assemblée nationale dont l’arithmétique électorale est incapable seule de rendre compte de la complexité qui s’est exprimée dans le suffrage universel.
Ce dernier a certes connu une participation record, cependant avec une abstention encore massive, surtout dans la classe ouvrière, parmi les employés et la jeunesse.
Au lieu de prendre en compte cette complexité, le chef de l’Etat cherche à la contourner par un veto et des combinaisons qui toutes visent à permettre à son parti, défait successivement à trois reprises dans les urnes, à rester le pivot du pouvoir en France.
Ce blocage fait le jeu de l’extrême droite et la place en favorite de la prochaine élection présidentielle. Comme le dit sa cheffe, « elle n’aurait reculé que pour mieux sauter ».
Que les composantes politiques, syndicales ou associatives du NFP soient loin de mesurer et donc de se comporter en fonction de la gravité de cette situation, à bien des égards inédits, n’est pas nouveau.
Notre échec collectif face à la montée du fascisme ripoliné, l’incapacité de ce que l’on appelle la gauche d’offrir une alternative de rupture avec les choix de l’oligarchie, son refus de considérer que, dans des conditions historiques données, ce sont les masses qui font l’histoire, tout cela aboutit à la situation actuelle.
Le Nouveau Front Populaire a du mal à maintenir son unité sur un programme qui, certes améliorerait considérablement la vie des gens, sans pour autant mettre en cause la domination du capital et les racines de son exploitation du travail salarié par la propriété privée.
Cette unité si précieuse est attaquée de toutes parts.
La pression populaire qui a imposé l’union s’est relâchée après que sa motivation première, en apparence, ait disparu : Bardella n’est pas à Matignon.
Les vacances sont là et les J.O arrivent. Gérard Larcher, avec son air pataud, joue à plein sur ce contexte voulu par le maître des horloges. Les partis politiques renouent avec la pratique de leur sport favori : la quête d’une hégémonie de leurs conceptions respectives, d’ores et déjà acquise dans la société par certaines idées de l’extrême droite. Des objectifs partisans redeviennent ce qui les anime en priorité.
Le sort des premiers de corvée en est oublié.
Le monde du travail et de la création n’est pas le problème mais il détient, s’il intervient, la solution.
Que d’obstacles cependant à surmonter. Le comportement d’une bourgeoisie radicalisée, de ses représentants au sommet de l’Etat n’est pas le moindre. Celui des médias non plus.
Le 18 juillet, sa réussite et ses prolongements possibles sont en effet source d’espoir.
Je n’en vois pas d’autres.
A part, bien sûr, la perspective de voir nos athlètes remporter de nombreuses médailles et Anne Hidalgo pouvoir se baigner dans la Seine.