Chargé de préparer une rentrée scolaire alors qu’un nouveau variant très contagieux fait beaucoup de dégâts dans les écoles des pays qui nous entourent, c’est le moment qu’il choisit pour prendre des vacances à Ibiza.
Vous en connaissez des salariés, des chefs d’entreprises, des élus qui, confrontés à un enjeu d’un tel niveau, déserteraient en prenant leurs congés, qui plus est à l’étranger ?
C’est de la santé d’enfants, d’enseignants, de parents, de la propagation d’une épidémie dont il est question. Depuis une plage, le vacancier bricole un nouveau protocole sanitaire et s’exprime dans une interview au "Parisien" la veille de la rentrée.
Tellement improvisé, ce protocole provoque un chaos d’une ampleur inédite avec des files d’attentes de parents devant toutes les pharmacies, des ruptures de stocks de tests, des classes qui ferment les unes après les autres, des enfants, des enseignants, des parents contaminés.
D’urgence, le protocole bricolé du ministre-touriste est allégé. Il s’en suit une grève qui par sa puissance, l’unité des syndicats, le soutien des parents et de l’opinion fera date dans la longue histoire revendicative du monde enseignant.
Le premier ministre en personne est obligé de prendre les choses en main. De premières annonces sont faites sur des revendications que le pouvoir jusqu’ici refusaient d’entendre. Elles sont insuffisantes. Les syndicats, toujours unis, réclament plus de résultats. Deux journées d’action vont permettre à une profession méprisée mais déterminée d’aller les chercher.
Le ministre-bonimenteur, lui, met en avant « son droit aux vacances ».
Dans son camp, on lui tourne le dos, les élections arrivent. Ne soyez pas surpris si ce jeudi de nombreuses pancartes brandies dans les manifestations porte un seul slogan : « démission ».
Il accompagnera le télé-président-candidat jusqu’à la fin de sa campagne dont nombreux sont ceux qui espèrent qu’elle sera la dernière.