Le jeune candidat du Nouveau Front Populaire ne l’a pas emporté dans l’élection législative partielle de l’Isère. La députée en sera désormais macroniste.
C’était prévu comme l’était la satisfaction qu’expriment certains qui se réclament encore de l’opposition et d’une alliance qui leur permet de disposer d’un groupe à l’Assemblée nationale. Ainsi se déroule en France une vie politique dans laquelle les apparences, au nom du bon sens, prennent le dessus sur les réalités.
S’emparer d’une élection partielle, dont la principale caractéristique est l’absence d’électeurs, pour en tirer des enseignements de portée générale, est une forme d’escroquerie intellectuelle qui conduit à se réjouir de la défaite du camp auquel on prétend appartenir.
L’enjeu de ce scrutin n’était ni la conquête du pouvoir d’Etat pas plus que la possibilité de l’extrême droite d’y accéder. Le record de l’abstention le démontre.
Nous sommes dans les commentaires, en particulier ceux qui s’expriment sur les réseaux sociaux, dans la pure instrumentalisation politicienne qui vise à démontrer que le NFP serait mort en bas.
Depuis des semaines, le climat politique dans le pays et celui particulier dans cette circonscription avec ses caractéristiques peu favorables à la rupture avec la macronie, ont visé à la conclusion qu’ils tirent.
Or, elle est absurde puisqu’elle aboutit aussi à faire la promotion d’une Macronie qui aurait le vent en poupe ! Qui peut le croire alors que son champion est au fond du trou, mobilisé à retarder le moment où il devra affronter un suffrage universel dont il vient de bafouer, de manière ostensible, les résultats.
Il reçoit aujourd’hui sur ce besoin de lenteur et cette peur de la démocratie, vendus, paraît-il, pour accélérer la sortie de crise, le renfort des dirigeants d’une des composantes du NFP qui en ont pris le risque politique.
Ce risque bien réel, dont ils sont bien conscients, ce serait un bonheur de le faire disparaître si une élection partielle sans électeurs montrait qu’il n’existait pas !
Mais alors, comment comprendre qu’aller au secours du duo Macron-Bayrou maintiendrait le Parti socialiste, canal François Hollande-Manuel Valls, dans une opposition résolue ?
Cette partielle viendrait, comme par miracle, accélérer les chances d’un fascisme de notre époque, en ascension partout dans le monde depuis bien des années. C’est son résultat qui en administrerait la preuve irréfutable. A l’évidence, le chef de l’Etat le plus détesté de la Ve République a prouvé ses capacités à lui faire barrage ! Quand on a contribué à cette double ascension, notamment en trahissant les engagements pris devant les citoyens à de nombreuses reprises, on a la décence de ne pas en rajouter.
Nous savons désormais que l’ancien président socialiste de la République, pourfendeur de la finance, celui qui a installé Emmanuel Macron où il est, est obsédé par l’idée de revanche.
Dans un premier temps, il a fallu montrer qu’à 14 % une liste séparée -la majorité est encore à 50%- conduite par un non-socialiste très médiatisé, sortait la social-démocratie en crise partout des 1,7 % dans lesquels l’avait plongée la maire de Paris.
Il s’agissait de redonner sens à la notion de parti de gouvernement.
En réalité, ce fut un formidable tremplin pour l’extrême droite.
Les mêmes causes produisant les mêmes effets, la division du NFP, après celle de la Nupes, risquerait fort d’être le tremplin final.
A la condition que les femmes, les hommes, les jeunes qui ont porté le NFP sur les fonts baptismaux en partagent l’objectif.
Tel est l’illusion que tente de diffuser une interprétation mensongère partiale d’un résultat électoral très partiel. Ce n’est qu’une illusion parmi beaucoup d’autres que véhicule le récit dominant de ce qu’est devenue l’activité politique.