Dans une semaine va se jouer le premier acte de ce qui pourrait devenir une tragédie le dimanche suivant. La France, pour la deuxième fois de son histoire, peut en effet se doter d’un gouvernement à participation fasciste.
Elle le fera après une campagne électorale-TGV voulue par un président qui avait promis de ne pas s’y impliquer personnellement.
Elle fut courte mais d’une violence extrême.
Des mamans, qui ne peuvent donner à leurs enfants tous les fruits recommandés, se sont vues accusées de vouloir mettre en faillite leur pays par de hautes personnalités, des commentateurs qui gagnent parfois plus de mille fois le SMIC !
Rien de nouveau dans une lutte des classes qui resurgit par l’effet grossissant d’une dissolution sans qu’elle n’ait jamais disparu.
On le doit à un génial président qui a été élu et réélu grâce à celles et ceux, à gauche, qu’il accuse aujourd’hui de tous les maux.
Ils ne sont coupables que d’avoir cru à la promesse qu’il leur avait faite de barrer la route à l’extrême droite.
Emmanuel Macron leur reproche de ne pas avoir changé d’avis alors que lui a enfanté un monstre qui échappe à son contrôle.
Jamais il n’avait imaginé que se créerait en quelques jours un nouveau Front populaire dont il s’était pendant sept ans évertué à écarter l’éventualité.
Il y avait employé les grands moyens, mobilisant tous ceux de l’Etat, jusqu’à son appareil répressif et à sa fanfare médiatique.
Tant d’efforts compromis pour en définitive remettre au goût du jour ce mot d’ordre ressorti pour l’occasion des ténèbres : « Plutôt Hitler que le Front populaire ! ».
La bourgeoisie et son instinct de classe venait de prendre conscience que ses privilèges et sa domination pouvaient être mis en danger par un rassemblement populaire d’une unité capable de soulever des montagnes tant elle avait été espérée de longue date sans être entendue.
Unité d’une qualité inédite parce que des syndicats, des associations, des mouvements de jeunesse et des personnalités très diverses en sont parties prenantes.
Même la Charte d’Amiens ne résiste pas à l’ampleur exceptionnelle des enjeux.
Unité capable de changer vite la vie de millions de nos concitoyens par des actes concrets, énoncés avec rigueur, bien loin des promesses jamais tenues.
Tout cela à portée de vote les 30 juin et 7 juillet.
Si le monde du travail et de la création continue de s’en mêler, alors d’autres perspectives de transformations encore plus ambitieuses, seront rendues possibles par son implication dans la construction du projet de société à inventer.
Il exerce aujourd’hui sa surveillance et c’est déjà beaucoup. Mais la complexité de ce qu’il faut changer, son urgence et le niveau des contradictions à résoudre rendent l’expertise populaire indispensable.
En 1936, les puissants accusaient sur des affiches les grévistes d’être les héritiers de ceux qui ont brûlé Jeanne d’Arc, les communistes de vouloir déposséder de leurs terres les paysans et Léon Blum, d’être un juif multimillionnaire.
En 1981, les chars soviétiques étaient aux portes de Paris. En 2017, selon le locataire de l’Elysée de l’époque qui l’avait révélé à la télévision, Mélenchon voulait instaurer en France le régime du Venezuela.
C'était sept ans avant les massacres terroristes d’Israéliens innocents commis par le Hamas.
Aujourd’hui, une des composantes du NFP non seulement serait antisémite, mais également responsable de la progression de ce crime en France.
Quelle constance à différentes époques chez cette bourgeoisie qui déjà préférait Hitler au Front populaire !
Les thèmes varient, mais l’objectif reste le même : la préservation de sa cassette et de sa domination.
Entendre le ministre de la Justice, garde des Sceaux réserver ses coups les plus durs au NFP et Edouard Philipe, un des nombreux postulants à l’Élysée, refuser de choisir entre la peste et le choléra, en dit long sur la détermination d’une classe sociale.
Que dire de la sidération provoquée par Serge Klarsfeld qui, lui, a choisi le RN contre LFI.
Emmanuel Macron, dès sa conférence de presse, avait lui aussi choisi dans le même sens comme l’ont remarqué de nombreux commentateurs.
Ce n'est pas ce que fait Dominique de Villepin, homme d'Etat gaulliste.
Les sept jours qui restent vont jouer un grand rôle. Nous avons toutes et tous, autour de nous ou à distance d’un appel téléphonique, des citoyennes et des citoyens qui ne demandent qu’à être convaincus.
C’est du moins mon expérience qui n’a rien de commun avec celle rencontrée avant le 9 juin dernier.
Ce dernier est déjà si loin. Allez-donc savoir pourquoi ?