Elle est aussi le pays de Pasteur dans lequel on manifeste chaque samedi contre la vaccination. Celui où certaines des idées nauséabondes de l’extrême droite sont dominantes, jusqu’à figurer régulièrement à l’ordre du jour du conseil des ministres qui eux sont issus des deux grands parti, le PS et LR, qui jusqu’ici, mais à tour de rôle, se partageaient le pouvoir. Ces dernières caractéristiques sont largement partagées en Europe et ailleurs.
Comme une autre, fondamentale à mes yeux, à savoir la crise que connaissent les deux partis qui ont incarné la force de la gauche et qui, unis, dans de courtes périodes, ont gouverné le pays : le Parti socialiste et le Parti communiste. J’ai avancé l’hypothèse que leur faiblesse actuelle n’était pas principalement due à leur division mais à la prise de distance énorme qu’ils ont opérée avec les beaux qualificatifs de « communiste » et de « socialiste » venus des profondeurs de notre histoire et de penseurs géniaux comme Marx, Engels et Jaurès.
Aujourd’hui, ces deux partis assurent la promotion de falsifications grossières de ce qu’incarnaient leurs noms pour leurs fondateurs. Pour moi, là réside la cause principale du fait qu’ils sont devenus insignifiants, au sens premier du terme. Comme leurs dirigeants refusent de l’admettre et comme ni les Insoumis ni les Verts ne parviennent à combler l’immense vide laissé par cette perte d’identité des deux formations qui incarnaient la gauche, cette situation continuera de profiter à ceux qui ont su l’exploiter, le télé-président et l’extrême droite.
Et de plus en plus de citoyens continueront de se détourner d’une caricature de la politique et d’une gauche, dont seul le nom subsiste, mais sans incarnation de la quête ancestrale d’émancipation humaine. N’est-ce pas le pape François qui vient de s’en saisir en utilisant le mot « amour » pour montrer que la vaccination portait le souci des autres ? Du communisme, pas comme un idéal jamais atteint, mais tel qu’il est déjà présent.