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Billet de blog 24 nov. 2021

La bête noire.

Il faut reconnaître à Anne Hidalgo le mérite d'être plus franche puisqu'elle s'interroge pour savoir si Mélenchon est de gauche.

Lucien Atencia
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On pense ce que l'on veut de Mélenchon. Pour ma part, je n'en pense pas que du bien, loin s'en faut et je l'écris chaque fois que je l'estime nécessaire.

Qu'il soit la bête noire du télé-président, de bien des ministres, des candidats de droite et d'extrême droite à l'élection présidentielle, de nombreux éditorialistes, ne surprend pas : il le leur rend bien.

Que certains, assez nombreux, lui préfèrent Fabien Roussel a de quoi interroger car ils ne nous avaient pas habitués à de telles sollicitudes à l'égard d'un dirigeant communiste.

Ainsi, Georges Marchais a plus souvent qu'à son tour été invité par les mêmes à faire le voyage de Moscou et même Robert Hue n'y a pas échappé, avec, avant lui, André Lajoinie. Mais de ce côté là, on a l'habitude des coups tordus et de la pratique du billard à trois bandes.

Nous y étions moins préparés venant de François Hollande, encore président de la République, à quelques semaines du premier tour de l'élection présidentielle de 2017 quand il a annoncé, à la télévision, qu'avec Mélenchon, c'était le Venezuela qui était promis à nos concitoyens, sans le pétrole bien sûr.

Que les sondages prévoient une possible qualification du candidat, devenu dès lors celui de la gauche et des écologistes, au deuxième tour de l'élection présidentielle, lui avait fait frôler la crise cardiaque. C'est dire la sincérité de ses propos d'aujourd'hui et de ceux tenus trop fréquemment par les dirigeants de son parti. Il est vrai qu'il s'apprêtait à laisser la place, sans combattre, à Emmanuel Macron.

Il faut reconnaître à Anne Hidalgo le mérite d'être plus franche puisqu'elle s'interroge pour savoir si Mélenchon est de gauche. Ce qui ne semble pas pour autant booster sa campagne électorale.

Pas étonnant quand tant de progressistes seraient aux anges de pouvoir compter sur un ou une candidate en capacité, comme Mélenchon en 2017, de figurer au deuxième tour en 2022.

J'avoue par contre ne pas comprendre pourquoi l'Insoumis de Marseille est aussi devenu l'adversaire privilégié des dirigeants de mon parti et de tant de ses adhérents. Je le comprends d'autant moins que Fabien Roussel ne cesse de proclamer qu'il n'a pas d'adversaires à gauche et qu'il est pour l'union la plus large...aux élections législatives.

Le projet de Mélenchon a-t-il changé à ce point depuis qu'il fut, avec un certain succès, notre candidat commun aux deux dernières élections présidentielles ? Lui reproche-t-on d'avoir quitté le parti socialiste avec la même argumentation que les communistes opposent à la sociale démocratie et à François Hollande ? C'était déjà le cas en 2012 et en 2017. Est-ce pour favoriser la relation privilégiée que Fabien Roussel entretien avec ceux qui sont restés au parti socialiste, auxquels il ne reproche plus rien ?

Est-ce pour participer au concert que je viens d'évoquer de tous les dirigeants politiques et des médias dominants qui ont fait de l'élimination de Mélenchon de la vie politique, pour beaucoup d'entre eux surtout à gauche et dans l'écologie, un des seuls espoirs qu'ils fondent dans la prochaine élection présidentielle, faute de grives ?

S'ils y parviennent, en quoi la gauche sera-t-elle plus forte, la droite et l'extrême droite plus faibles, Macron battu et notre peuple plus heureux ?

On ne peut même pas lui reprocher d'avoir prématurément annoncé sa candidature : le congrès du parti communiste l'a fait bien avant lui en décidant de présenter un candidat issu de ses rangs pour enrayer son déclin attribué au fait qu'il n'en avait pas présentés à deux reprises. Ce qui pour moi est loin des causes réelles du dit déclin. 

Expliquez-moi, parce que je n'y comprends pas grand chose et je ne suis pas le seul. Même avec le renfort de la dialectique, je n'y parviens pas.

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