Dans sa livraison du 25 février 2021, "Le Parisien" accuse Fabien Roussel et Jean-Luc-Mélenchon d'être "pro-russes" et de "changer de pied". Pour faire bonne mesure, il les met, photo à l'appui, dans le même sac que l'extrême droite fascisante.
Sans doute, le grand quotidien avait-il pressenti avant tout le monde que Poutine déclarerait la guerre à l'Ukraine. Mais que n'a-t-il fait profiter ses lecteurs de ce scoop de portée mondiale avant que l'agression inadmissible intervienne ?
Que n'a-t-il rappelé à cette occasion le changement de pied présidentiel du locataire de l'Elysée ? N'avait-il pas, quelques jours avant, en pleine nuit, publié un communiqué triomphant annonçant que, grâce à sa magistrale action, Biden et Poutine allaient se rencontrer ? Un prix Nobel du contrepied !
On appelle ça du journalisme.
La condamnation du coup de force inadmissible du maître du Kremlin par les deux candidats à l'élection présidentielles est pourtant nette et sans bavure. Celles des autres candidats de gauche et de l'écologie aussi. Plusieurs commentateurs ont même fait remarquer que le député insoumis l'avait prononcée lors d'une conférence de presse, un jour avant l'agression russe.
Que des raisons, pour les progressistes, de s'en réjouir.
"Le Parisen" préfère contribuer à dédiaboliser l'extrême droite en l'assimilant à de vrais républicains, à diviser le camp de ces derniers, pour au final, aider Macron à être perçu comme étant le seul capable de barrer la route "aux deux extrêmes", son thème de campagne favori, avec le symbole fort de la ville de Marseille pour le décliner ! Quel soin dans le moindre détail !
Dommage que certains candidats de gauche et de l'écologie empruntent le même chemin dans l'espoir de redorer un blason là où leurs mérites respectifs ne semblent pas suffire.
Ils seraient beaucoup mieux inspirés, si la chance se présentait, de mobiliser leurs talents et leurs notoriétés, à permettre à des millions de progressistes de se rassembler dans un même vote en faveur du candidat de progrès le mieux placé, qui, dès le premier tour cette fois, permette d'éliminer et l'extrême droite et la droite qui lui court après.
Une bouffée d'air pur en quelque sorte qui modifierait sensiblement le climat dans notre pays et pas que pour le temps d'une élection qui s'annonçait pour beaucoup comme désespérante.