Lucien Atencia
Abonné·e de Mediapart

213 Billets

0 Édition

Billet de blog 26 nov. 2021

Silence dans les rangs !

Quelle prise de risques que d’alléger le protocole sanitaire dans les écoles alors que le virus y galope.

Lucien Atencia
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

En deux jours, selon le ministre-bonimenteur Jean-Michel Blanquer, on est passé de 6 000 à 8 500 classes fermées.

Selon le professeur Gilbert Deray, ces chiffres sont largement sous-estimés. Or le gouvernement a décidé de casser ce thermomètre et de le remplacer par les tests de tous les enfants d’une classe dès qu’un cas positif est décelé. Seuls ceux testés positifs sont renvoyés chez eux pour une semaine.

En apparence, le dispositif est plein de bon sens et de pragmatisme. C’est oublier qu’il ne prend pas en compte la durée d’incubation du virus. Un enfant, testé négatif le lundi peut s’avérer positif le mardi ou le mercredi et ainsi contaminer ses camarades qui à leur tour pourront contaminer leur entourage.

 Le dispositif a été testé dans plusieurs départements et très vite des laboratoires ont signalé qu’ils étaient dans l’incapacité de fournir l’énorme quantité de tests nécessaires.

Tout cela, personne ou presque n’en parle.

Pourtant, nous savons aujourd’hui, selon le professeur Deray de l'Hôpital de la Pitié Salpêtrière à Paris, que les enfants sont non seulement un vecteur essentiel de transmission des Covids -ce que les enseignants savent depuis longtemps avec la propagation de la grippe chaque année- mais aussi qu’ils peuvent contracter des formes graves, dont certaines apparaîtront sur le long terme. C’est ce qui conduit de nombreux épidémiologistes à préconiser la vaccination des très jeunes enfants, déjà engagée dans plusieurs pays.

Ce n’est pas le choix du gouvernement qui a décidé au contraire de la retarder.

J’ai du mal à croire que c’est pour « sauver les fêtes de Noël », moment privilégié de contamination dans les familles, comme nous l'avons constaté l'année dernière, avec le pic de janvier et le pari présidentiel.

Beaucoup de journalistes, notamment de la presse économique, mettent l’accent, eux, sur la nécessité de sauver la reprise exceptionnelle des affaires que connaît le pays. Quand on voit le comportement du MEDEF, en particulier sur le télétravail, on peut difficilement leur donner tort.

N’oublions pas qu’avant la reprise fulgurante de l’épidémie depuis quelques jours, nous avons eu droit à une campagne gouvernementale et médiatique, sur le thème : « Grâce au télé-président le plus génial de la planète, la France échappe à une reprise de l’épidémie qui affecte ses voisins, en particulier l’Allemagne ».

Un des premiers effets de cette campagne aura été de contribuer au relâchement de l’application des gestes barrières, le gouvernement et le premier ministre lui-même donnant le mauvais exemple. Avec une conception originale de l’exemplarité !

Il est vrai que tout ce petit monde a les yeux fixés sur le CAC 40 et les prochaines échéances électorales.

Silence dans les rangs !

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal
Zemmour : les « Zouaves Paris » derrière les violences
Le groupuscule « Zouaves Paris » a revendiqué lundi, dans une vidéo, les violences commises à l’égard de militants antiracistes lors du meeting d’Éric Zemmour à Villepinte. Non seulement le candidat n’a pas condamné les violences, mais des responsables de la sécurité ont remercié leurs auteurs.
par Sébastien Bourdon, Karl Laske et Marine Turchi
Journal — Médias
Un infernal piège médiatique
Émaillé de violences, le premier meeting de campagne d’Éric Zemmour lui a permis de se poser en cible de la « meute » médiatique. Le candidat de l’ultradroite utilise la victimisation et des méthodes d’agit-prop qui ont déjà égaré les médias états-uniens lorsque Donald Trump a émergé. Il est urgent que les médias français prennent la mesure du piège immense auquel ils sont confrontés.  
par Mathieu Magnaudeix
Journal — Social
Les syndicalistes dans le viseur
Dans plusieurs directions régionales de l’entreprise, les représentants du personnel perçus comme trop remuants affirment subir des pressions et écoper de multiples sanctions. La justice est saisie.
par Cécile Hautefeuille et Dan Israel
Journal
Fonderies : un secteur en plein marasme
L’usine SAM, dans l’Aveyron, dont la cessation d’activité vient d’être prononcée, rejoint une longue liste de fonderies, sous-traitantes de l’automobile, fermées ou en sursis. Pour les acteurs de la filière, la crise économique et l’essor des moteurs électriques ont bon dos. Ils pointent la responsabilité des constructeurs.
par Cécile Hautefeuille

La sélection du Club

Billet d’édition
Dimanche 5 décembre : un déchirement
Retour sur cette mobilisation antifasciste lourde de sens.
par Joseph Siraudeau
Billet de blog
« Pas de plateforme pour le fascisme » et « liberté d’expression »
Alors que commence la campagne présidentielle et que des militants antifascistes se donnent pour projet de perturber ou d’empêcher l’expression publique de l’extrême droite et notamment de la campagne d’Éric Zemmour se multiplient les voix qui tendent à comparer ces pratiques au fascisme et accusent les militants autonomes de « censure », d' « intolérance » voire d’ « antidémocratie »...
par Geoffroy de Lagasnerie
Billet de blog
Le fascisme est faible quand le mouvement de classe est fort
Paris s’apprête à manifester contre le candidat fasciste Éric Zemmour, dimanche 5 décembre, à l’appel de la CGT, de Solidaires et de la Jeune Garde Paris. Réflexions sur le rôle moteur, essentiel, que doit jouer le mouvement syndical dans la construction d’un front unitaire antifasciste.
par Guillaume Goutte
Billet de blog
Aimé Césaire : les origines coloniales du fascisme
Quel est le lien entre colonisation et fascisme ? Comme toujours... c'est le capitalisme ! Mais pour bien comprendre leur relation, il faut qu'on discute avec Aimé Césaire.
par Jean-Marc B