Tunisie : Ce n'était pas un crime "extrémiste"

 

Il se trouve que contrairement aux premières impressions et soupçons, l’assassin présumé du prêtre Marrek Rybinski vient d’être découvert en Tunisie et que le crime n’apparaît pas comme un crime d’ordre fasciste, extrémiste, ou encore religieux..

 

D'après les aveux de l'assassin présumé, menuisier dans l’école de la Manouba ou le prêtre était économe, les mobiles de cet acte criminel sont le détournement irrégulier de fonds destinés au paiement des fournisseurs de l'école en produits sanitaires et de fer, et il aurait commis cet assassinat par crainte d'être découvert.

 

Le Ministère de l’Intérieur tunisien, dans un communiqué rendu public hier Lundi, a annoncé que l’assassin présumé du prêtre polonais Marek Marius Rybinski, économe à l'école privée "Ibn Jazzar" à La Manouba, qui avait été trouvé égorgé vendredi, a été découvert par la sous-direction de lutte contre le crime organisé

 

Les soupçons se sont arrêtés sur Chokri Ben Mustapha Bessadek Mestiri, de nationalité tunisienne, né le 16 juin 1967, qui était le menuisier de l'école. L'assassin présumé a été découvert grâce à l'enquête et aux investigations menées sur le terrain et sur les agents et cadres de cette école.

 

 

D'après les aveux de l'assassin présumé, les mobiles de cet acte criminel sont le détournement irrégulier de fonds destinés au paiement des fournisseurs de l'école en produits sanitaires et de fer, par le menuisier. L'assassinat a été commis par crainte d'être découvert.

 

 

Selon le même communiqué, il ressort des circonstances du crime que l'accusé présumé a attiré, le jour de l'assassinat, la victime dont le cadavre a été découvert le 18 février 2011. L'assassin avait surpris le prêtre en lui assénant des coups successifs très forts au moyen d'un outil contondant sur la nuque et le cou, ce qui a causé son décès.

 

Le ministère tunisien a dénoncé cette vile agression, en exprimant sa satisfaction de l'absence d'implication de toute tendance politique dans ce crime odieux.

 

 

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L’indignation dans le pays condamnant cet assassinat avait été unanime réunissant tous les Tunisiens de tous âges, de toutes confessions, et de toutes castes religieuses ou politiques et cet assassinat avait été dénoncé comme contraire à l’identité du peuple tunisien, connu, comme il a été dit pour sa tolérance.

 

Rappelons, qu’il y a à quelques jours au moment de la découverte du crime, le Ministre de l'Intérieur tunisien avait soupçonné « un groupe de terroristes fascistes aux orientations et appartenances extrémistes", d'être derrière ce crime, et il avait expliqué en réponse à la question « Pourquoi a-t-il été assassiné » ? .. » : ? « Pour perturber l'ordre public et engager le pays dans la spirale de la violence et du désordre et semer la terreur dans les rangs des citoyens » en ajoutant « …… pour donner une image dégradante de notre pays et de sa révolution.

 

De son côté Madame Catherine Ashton, la haute Représentante de l'Union européenne (UE) pour les affaires extérieures et la politique de sécurité et vice-présidente de la Commission européenne, Mme Catherine avait appelé lundi les autorités tunisiennes à traduire en justice les auteurs du meurtre du prêtre catholique polonais, Marek Rybinski.

 

Ndlr : recommandation superflue, personne n’a jamais douté que le pouvoir Tunisien diligentait l’enquête et les investigations en urgence pour découvrir les auteurs de ce crime.

 

Dans sa déclaration, Mme Ashton s'était dite "consternée" par le fait que le prêtre a été retrouvé mort en Tunisie. "La Tunisie a toujours été une terre de tolérance religieuse et je tiens à souligner l'importance de le préserver en vue de construire une règle totalement démocratique, fondée sur le respect des droits humains et des libertés fondamentales", avait-t-elle ajouté en appelant les autorités tunisiennes à "continuer à protéger et sauvegarder le droit des citoyens de pratiquer leur religion librement, sans crainte d'intolérance et d'attaques.

 

Comme on le voit ce crime une fois de plus avait été instrumentalisé pour le porter sur le terrain religieux, on peut comprendre que le Ministre de l’Intérieur Tunisien ait manifesté des soupçons de cet ordre, mais que Catherine Ashton se soit saisie de cette occasion dramatique pour faire des recommandations aux autorités tunisiennes est encore une illustration de la suffisance politique dont les pays européens font étalage lorsqu’ils s’adressent à la Tunisie ou encore à des pays arabes en transition politique.

 

On voit bien en ces périodes difficiles que traversent ces pays à quel point les pays occidentaux sont encore illégitimement imbibés de préjugés de supériorité politique et à quel point ils se permettent d’intervenir irrévérencieusement en se permettant de donner des conseils, il est tout aussi regrettable que les représentants des pays de l’UE saisissent trop vite et en toutes occasions leur sonnette d’alarme destinée implicitement à faire croire que les pays arabes en période de transition politique sont en danger de devenir islamistes …cette attitude est irresponsable.

 

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Le ministère tunisien a dénoncé cette vile agression, en exprimant sa satisfaction de l'absence d'implication de toute tendance politique dans ce crime odieux.

 

Madame Ashton devrait de son côté, souhaitons le, cesser d’agiter sa sonnette d’alarme à tort et à travers !

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