YO TAMBIEN, elle est où, la normalité ?

LA CASA AZUL - Yo También [Tema principal de la película Yo, También] [Official] © Elefant Records
LA CASA AZUL - Yo También [Tema principal de la película Yo, También] [Official] © Elefant Records
LA CASA AZUL - Yo También [Tema principal de la película Yo, También] [Official] © Elefant Records

Antonio Naharro et Alvaro Pastor (réalisateurs) se souviennent du mot des producteurs : "la trisomie n'intéresse personne". Dommage aussi que "Le Huitième Jour" puisse laisser croire qu'on avait tout dit sur le syndrome de Down.

 

Plusieurs fois récompensé, "Yo tambien" sort officiellement en France au plus mauvais moment de l'année et dans très peu de salles, signe que cette altérité-là donne des boutons. J'ai moi-même tardé à le découvrir.

 

D'ordinaire, aborder la vie affective et sexuelle des handicapés commande de s'en tenir aux seuls concernés, nullement de mettre en scène une jeune fille avec tous ses chromosomes et un trisomique 21 amoureux d'elle...

L'entourage commente : "elle est folle cette garce de le laisser espérer" !

 

C'est aussi alerte que la bande-annonce, le scénario n'oublie ni les petites gênes, ni l'excès de prévenance. On constate une aisance remarquable des handicapés (et pourtant un tournage laborieux), en sérieux contraste avec la jeune femme tendue, raide, mais qui ne cessera de s'adoucir : il arriverait donc que la frontière soit ténue entre le névrosé libre de ses mouvements et le catalogué "non conforme" à jamais dans une case... Avec pour lot commun des pulsions à aménager selon ce que la société permet, et là on mesure bien la petite latitude des épinglés "pas tout à fait comme il faut".

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