Pater, Cavalier & Lindon candidats de rêve 2012

Rassurants planchers qui craquent autour des dégustations de truffes, souliers ancestraux, cravates douces comme la peau d'Inès ou adorable félin ignorant du Cac40... J'ai aimé le cérémonial de ces gentlemen loin d'être dans la dèche.
Rassurants planchers qui craquent autour des dégustations de truffes, souliers ancestraux, cravates douces comme la peau d'Inès ou adorable félin ignorant du Cac40... J'ai aimé le cérémonial de ces gentlemen loin d'être dans la dèche. Dans Pater on voit des hommes rien que des hommes qui sabrent nos enjeux électoraux sur le mode candide : "on dirait qu'on aurait un président et son premier ministre soucieux de limiter les hauts salaires". C'est la base du discours qui s'autorise ensuite à balayer large. Certes un peu de patience s'impose quant à la forme, ces petites scènes bout à bout dont quelques digressions plus difficiles à saisir pour les non spécialistes. Mais qu'importe, on découvre sur l'écran les convictions qu'on gardait tapies au fond de soi tant notre prochain est devenu frileux. Le tandem Cavalier/Lindon incite les foules à s'enhardir ou plutôt à redescendre sur terre. Non que les deux compères gomment les travers que tout haut pouvoir ramène à la surface, ni le vieillissement ravageur tant redouté des politiques. Leur point fort est d'appuyer sur la fraternité humaine de tous temps à l'origine du réveil des masses. Ouste le "no alternative" actuel barrant l'horizon en effaçant l'histoire. Et pas plus "vous me réciterez trois pater et deux ave". L'interview de Vincent Lindon de 17 minutes en commentaires ci-dessous complète à merveille le message véhiculé par cette audace cinématographique.

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