Mediapart arpente une Islande «indignée»

En tout début d'année, les pages «voyage» du New York Times ont dressé la liste des «41 destinations» à ne pas manquer en 2011. L'Islande pointe en quatrième position, entre une station de ski géorgienne et Milan. Pourquoi se ruer à Reykjavik, comme Mediapart vient de le décider?

En tout début d'année, les pages «voyage» du New York Times ont dressé la liste des «41 destinations» à ne pas manquer en 2011. L'Islande pointe en quatrième position, entre une station de ski géorgienne et Milan. Pourquoi se ruer à Reykjavik, comme Mediapart vient de le décider? Parce que la crise a dévalué la couronne islandaise, et donc cassé les prix, assure le quotidien américain, qui se frotte les mains dans un cynisme assez délirant: «L'effondrement économique de l'Islande n'a pas que des défauts, en tout cas pour les touristes».

Avançons une autre hypothèse, un peu plus romantique, pour faire de l'île viking un incontournable de l'année: c'est peut-être le seul coin d'Europe où les choses bougent encore, où la morosité et la résignation n'ont pas tout à fait gagné la partie, où les vaincus du capitalisme financier tentent d'inventer et de résister.

Une terre «indignée» pour de vrai? En Islande ces temps-ci, des citoyens sont élus pour repenser leur constitution. Reykjavik s'érige en «paradis de l'information», défenseur acharné du journalisme d'investigation. L'Etat refuse de renflouer certaines banques, qui font faillite - ce qui permet d'éviter des plans d'austérité carabinés. A y voir de plus près, rien n'aboutit tout à fait, mais les idées se bousculent.

Premier pays d'Europe mis à genoux par la crise, «sauvé» in extremis par le Fonds monétaire international en 2008, l'Islande semble se réinventer en «utopie flottante», pour détourner l'une des catégories développées dans les Paradis infernaux de Mike Davis et Daniel Monk (Les Prairies ordinaires, 2008). Le contraste avec une autre île frappée par la crise, irlandaise celle-là, est saisissant. On en fait trop? Oui. Caricatural? Sans doute. L'Islande est un pays minuscule? Aussi. Alors? Une seule chose à faire: aller voir sur place, de quoi cette fièvre est faite.

A partir de la fin de semaine, nous publierons, sur Mediapart, une série de reportages sur ces initiatives qui réveillent l'Islande. Alors que les révolutions arabes filent un coup de vieux à une Europe qui n'en demandait pas tant, déjà bien enfoncée dans les eaux boueuses de la crise de la dette, rapetissée à toute vitesse par le «basculement du monde» en cours, coup de projecteur sur cette terre ressuscitée, pour, disons, se remonter le moral. Premier épisode dans les jours à venir, depuis Reykjavik sous la neige.

(Actualisation: notre série de six reportages est à lire ici)

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