Ashton, Barnier, et le «pacte budgétaire» 

Le Financial Times a révélé, dans un article de fin de semaine, des négociations secrètes à Bruxelles, qui n'ont finalement pas abouti, pour remplacer Catherine Ashton, à la tête de la diplomatie européenne, par Michel Barnier. C'est un coup de billard à trois bandes, qu'ont tenté, en douce, des diplomates européens.

Le Financial Times a révélé, dans un article de fin de semaine, des négociations secrètes à Bruxelles, qui n'ont finalement pas abouti, pour remplacer Catherine Ashton, à la tête de la diplomatie européenne, par Michel Barnier. C'est un coup de billard à trois bandes, qu'ont tenté, en douce, des diplomates européens.

Quel était le plan? Première étape: se débarrasser de Michel Barnier, pour donner des gages aux Britanniques. Le commissaire français, chargé des très explosifs dossiers de régulation financière, est en effet jugé bien trop volontariste par Londres. En échange, le gouvernement de David Cameron aurait soutenu le « pacte budgétaire », ce traité européen cher à Angela Merkel et Nicolas Sarkozy, que les Britanniques ont finalement choisi de ne pas signer, en décembre 2011.

Deuxième étape: offrir à Michel Barnier, ex-ministre des affaires étrangères en France, le poste de Catherine Ashton. La travailliste a pris la tête du Service européen pour l'action extérieure (SEAE), lancé il y a un an, et son action n'a depuis convaincu à peu près personne (lire notre article sur les errements de la diplomatie commune). La rumeur d'un remplacement d'Ashton par Barnier n'est pas nouvelle.

D'après les sources citées par le FT, David Cameron comme José Manuel Barroso, le patron de la Commission, étaient au courant des négociations, mais le sujet n'a jamais été discuté lors d'une réunion entre chefs d'Etat européens. Catherine Ashton aurait même accepté le principe de se retirer à mi-mandat, selon deux diplomates cités.

Pourquoi le plan a finalement été mis de côté? Toujours d'après le quotidien financier, les diplomates ont redouté que le Parlement européen, qui aurait dû être consulté, pour valider ce changement de casting, proteste en tentant le tout pour le tout: le renversement de la Commission. José Manuel Barroso a semble-t-il préféré la prudence, même si les critiques à son encontre, côté Parlement européen, ont baissé en intensité ces derniers mois.

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