Mediapart partenaire de la sortie d’«Afectados»

«Afectados» (Rester debout), qui sort en salle ce mercredi, revient sur le travail d’un des mouvements sociaux les plus originaux de l’Espagne en crise : la PAH, ou Plateforme pour les victimes de crédits immobiliers toxiques, qui bataille contre les expulsions à travers le pays. Places offertes aux premiers intéressés, à Lille et Paris.

Afectados (Rester debout), qui sort en salle ce mercredi, revient sur le travail d’un des mouvements sociaux les plus originaux de l’Espagne en crise : la PAH, la Plateforme pour les victimes de crédits immobiliers toxiques (en espagnol, ce sont les « afectados por la hipoteca » auxquels le titre fait référence). Silvia Munt, sa réalisatrice, a suivi en 2013 les assemblées hebdomadaires d’un collectif de la PAH à Sabadell, dans la grande banlieue de Barcelone.

À l’époque, on estime à près de 600.000 le nombre de familles expulsées de leur logement à cause de l’effondrement de la bulle immobilière dans le pays, à partir de 2007. En l’absence d’un Etat décidé à répondre au marasme social, des collectifs mêlant avocats, activistes et victimes d’expulsions se sont créés, d’abord en Catalogne dès février 2009, avant d’essaimer dans tout le pays (grâce, en particulier, au mouvement indigné de 2011). La PAH va se transformer en un service public parallèle, au plus dur de la crise.

Le principal mérite de ce film, sobre et précis, est ici : il documente la souffrance de ces « afectados » qui, doucement, vont retrouver goût à la politique et aux luttes en commun. Dans l’assemblée de Sabadell, ce sont des miracles d’attention et d’entraide, où se réinventent les lois de l'hospitalité : des particuliers défilent, pour exposer un à un, dans un espagnol souvent fragile, leur situation (en général, ils sont tous sur le point de se faire expulser, après avoir vu leur dette exploser à cause de prêts douteux des banques). Puis l’assemblée débat des manières d’y remédier (en particulier pour obtenir l’effacement de la dette des ménages, en cas d’expulsions - ce qui n’est toujours pas garanti aujourd’hui - en 2016 - par la loi espagnole).


L’extrême diversité sociologique des participants à l’assemblée saute aux yeux. S’y retrouvent, par-delà les générations, des perdants de la classe moyenne catalane, mais aussi des sans-papiers venus d’Amérique latine ou d’Afrique. Dans ces quartiers populaires d'Espagne, la PAH a fonctionné comme une formidable machine à re-politisation, en engrangeant des victoires modestes contre les grandes banques du pays (ici ou là, une expulsion reportée, l'obtention de places dans un logement social, etc). Ce n’est pas pour rien qu’Ada Colau, l’une des co-fondatrices de la PAH, est devenue, en 2015, la maire de Barcelone, à la tête d’une plateforme soutenue tout à la fois par des mouvements sociaux et des partis politiques, dont Podemos.

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Mediapart est partenaire de la sortie d’Afectados en salle, et vous invite en particulier à deux séances suivies d’un débat:

À Villeneuve d’Ascq, au Kino-Ciné, jeudi 17 novembre à 20h30, en présence de la réalisatrice du film, Silvia Munt, et de Ludovic Lamant (journaliste à Mediapart, auteur d'un livre sur les « mairies rebelles en Espagne »).

À Paris, à l’Espace Saint Michel, jeudi 24 novembre à 20h25, en présence de l’universitaire Loïc Blondiaux (professeur à Paris-1) et de Ludovic Lamant (journaliste à Mediapart).

Pour chacune de ces deux séances, Mediapart offre 5 x 2 places aux premiers qui écriront à l’adresse evenements@mediapart.fr en précisant la séance de votre choix.

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