Fausse prime : la Noël dans le broyeur à viande

L'humour des dominants ne connait pas de limites, pas plus que leur indécence. Les employés de GoDaddy en font l'amère expérience en cette période de crise.

La bonne nouvelle c’est qu’on peut faire pire que les émissions du type « les Marseillais » ou « Kardashians ». La mauvaise c’est le choc qu’ont ressenti 500 employés quand, après avoir reçu un premier mail annonçant une prime de 650 dollars, ils en ont reçu un second leur disant que c’était un test pour vérifier leur réaction face aux mails d’hameçonnage ou « phishing ».

Surprise.

Si vous êtes parents comme moi, demandez-vous combien de pères et de mères ont eu le temps de faire des promesses à leurs enfants, juste pour voir leurs yeux briller en ces temps de crise.

Surprise.

On promettrait des traitements aux cancéreux et même la dignité aux partisans de droite pour quelques dollars de plus. La recherche d’efficacité et de bénéfice est un broyeur à viande dont l’appétit est illimité, c’est une fonction croissante du capital.

Le broyeur tourne à vide, à plein, rompt les os et la chair, les idées, les espoirs, le temps… C’est l’institution suprême de l’égalité, juste après la mort. Nous ressortons tous en petits palets de viande froide au poids, à la couleur et au goût uniformes. C’est un dieu alimenté en triphasé doté d’une carrosserie monobloc. Son rendement est de loin supérieur à celui de Baal.

C’est peut-être une question de volume des trémies…

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