[TRIBUNE] Arrestations de personnes sans-papiers au Grand Ramier à Toulouse

Ceci est un communiqué de presse rédigé conjointement par les associations toulousaines "Toulouse Anti Cra", "La Perm 31", "La CREA", "Le Collectif Russel". Le blog Lutte, le labo des initiatives citoyennes se fait le relais de cette lutte trop souvent invisibilisée.

Depuis des années, on assiste régulièrement à des arrestations de personnes sans-papiers à proximité du centre social du Grand Ramier à Toulouse. C'est là que les personnes sans logement stable sont domiciliées, à la Croix Rouge française, quand elles ont besoin d'une adresse pour leur courrier administratif. La police piège les personnes utilisant ce service et procède à des contrôles d’identité qui peuvent conduire les étranger·e·s sans papiers à une garde à vue, au centre de rétention administrative (CRA) ou à la prison.

Des arrestations par des policiers en civil

Les contrôles coïncident avec les horaires d'ouverture du service de domiciliation de la Croix Rouge, nombreux sont les témoignages venant des personnes concernées et des collectifs solidaires qui relatent les arrestations par des policiers en civil sur l'avenue du Grand Ramier, à proximité du pont Saint-Michel, au retour de la prise de courrier (1). Les contrôles sont permis par des réquisitions récurrentes (2) du Procureur de la République qui ciblent les personnes étrangères. En effet, les périmètres des réquisitions et les horaires incluent le centre social du Grand Ramier,
les infractions recherchées sont notamment les "maintien irrégulier d'un étranger" et "l'aide au séjour". De plus, ces réquisitions sont généralement adressées aux services de la Police aux Frontières (PAF), ce qui démontre l'intention première de ces contrôles d'identité.

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Nous, collectifs de personnes concernées et de personnes solidaires, dénonçons cette politique de rafles. Nous avons alerté l'antenne locale de la Croix Rouge française afin qu'elle prenne position publiquement. L'antenne locale s'est défaussée sur la direction nationale de la Croix Rouge française, et c'est sans surprise que nous sommes resté·e·s sans réponse depuis le 17 septembre 2020. Depuis des années, la Croix Rouge est le premier témoin de ces arrestations sans jamais avoir condamné cette situation ni agi d'une façon ou d'une autre. (3)

Politiques de chasses aux étranger.e.s

Ces pratiques ignobles parmi beaucoup d'autres, qui se déroulent aux portes de la Croix Rouge, sont l’expression du racisme d’État et des politiques de chasses aux étranger·e·s de plus en plus féroces, dans un contexte d’islamophobie, de négrophobie, de rromophobie... où les personnes racisées sont considérées comme de potentiels ennemis de l’intérieur. Les persécutions ont lieu partout sur le territoire, comme à Calais avec l'interdiction de distribution de nourriture pour les associations non-mandatées par l'État ou encore à Rennes avec des arrestations ciblées autour des centres de distribution alimentaire.

Par son absence de réaction et sous couvert de ses principes de neutralité, d'humanisme et d'indépendance, la Croix Rouge se rend complice de l'arrestation des personnes étrangères.
Face à ces institutions complices, face aux politiques racistes et sécuritaires, construisons des solidarités contre les violences d'État, organisons la riposte !

Contact presse : ripostegrandramier@riseup.net

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