Un gendarme a été suspendu pour un poème

Selon le journal Ouest France, dans sa rubrique faits divers, daté d’hier, un gendarme a été « suspendu cette semaine pour avoir écrit un poème en soutien à son collègue Matelly, radié pour avoir critiqué le rapprochement police-gendarmerie au sein du ministère de l'Intérieur ».

Selon le journal Ouest France, dans sa rubrique faits divers, daté d’hier, un gendarme a été « suspendu cette semaine pour avoir écrit un poème en soutien à son collègue Matelly, radié pour avoir critiqué le rapprochement police-gendarmerie au sein du ministère de l'Intérieur ».

L'adjudant A, car c’est ainsi qu’il a signé son poème « Il pleut sur nos képis » en solidarité donc avec son collègue, Jean-Hugues Matelly, et qu’il défend « avec vigueur et raille le chef de l'Etat » a été identifié, suite à une enquête, et une procédure disciplinaire a été engagée à son encontre durant laquelle il a été auditionné. Puis, « Il a été suspendu cette semaine en l'attente d'une éventuelle sanction », a indiqué le journal déjà cité.

L’objet de mon billet, celui-ci, n’est que de vous faire partager ce poème en amoureux de la poésie d’abord, et puis, bien sûr, pour que la liberté d’expression et d'écrire s'expriment en totale libérté dans tous les espaces, coins et recoins du monde et de la planète. Uniquement et uniquement pour cela. Et l'amour de la poésie. Enfin, je souligne que pour ma part, tout cet esprit de militaire, de gendarme, d'ordre etc... m'est complètement étranger.

Le voici maintenant :

 

IL PLEUT SOUS NOS KÉPIS !


Il faisait beau alors, le jour où j’ai signé !
Je me souviens comme j’étais fier de m’engager,
D’être formé à ce métier par mes aînés…

Du bon droit je voulais être le soldat,
Dans le respect des traditions et des hommes.
Du citoyen, à tout faire je serai l’homme !

De ma personne alors, j’ai donné sans compter.
Ma famille dans cette voie s’est trouvée liée.

Mes devoirs étaient les siens sans qu’elle ait signé…

Nos Gradés, nos Officiers étaient nos modèles.
Ils savaient nous motiver et nous ordonner.
Alors nous étions soudés, unis et fidèles…

Nous savions des sacrifices la juste raison,
Et étions tous reconnus “Servants de la Nation !”

De la France, la plus noble et vieille Institution.

Un nouveau Roy fût nommé, et tout a changé.
Diviser pour mieux régner, tel était son but !

Il y parvint bien, précipitant la chute !

Pour ce faire, il choisit bien parmi les nôtres,
Ceux d’entre eux les plus vénaux, les moins fidèles,

Leur fit tant miroiter, qu’il furent ses “apôtres”.

Ces vendus et parjures aujourd’hui, ont ourdi
D’enterrer sans coup férir notre belle histoire…

De nous taire ils nous ordonnent, arguant : “Tout est dit !”

L’un des nôtres osa parler sans démériter,
se faisant ainsi le râle de notre douleur…

Il fût vite éliminé par ces fossoyeurs !

Aujourd’hui, Sainte Geneviève saigne et pleure,
Je sens bien ses larmes chaudes sous mon képi,

Comme si sur moi SARKOZY faisait son pipi…

Soldats nous sommes, et c’est debout que nous mourrons.
Et à l’instar de CAMBRONNE, “MERDE” nous dirons.

Nous briserons nos armes, mais nous taire “Pas question !”

Nous ne sommes que des hommes, soldats mais citoyens,
Et nos voix dans l’urne pèsent bien pour un scrutin…

Qu’on les entende ensuite, d’étonnant n’a rien.

Nous taire il ne faut point, surtout si c’est la fin !
Au pays des Droits de l’Homme, on dénie les miens.

Fidèle, loyal je suis, muet je ne suis point.

Même si tout est fini, que prévue est la fin,
Nous n’irons au sépulcre qu’après avoir tout dit.
Geneviève, Chère Patronne, Il pleut sous nos képis !

Adjudant A.

Dédié au Chef d’Escadron Jean-Hugues MATELLY

 

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