Un sévère avertissement pour Hollande

Trois élections législatives partielles trois cuisantes défaites pour le pouvoir Hollande et son gouvernement. Ce premier avertissement électoral après seulement 7 mois au pouvoir, François Hollande n'est-il pas en train et sur le chemin de rééditer successivement la bérézina de son prédécesseur, Nicolas Sarkozy, qui, au pouvoir, il avait perdu toutes les élections: municipales, cantonales, sénatoriales-(défaite historique) puis présidentielles ? Nous le savons pas encore. Nous le saurons  progressivement et dans 5 ans.

Mais la défaite d'hier soir au premier tour de ces législatives partielles qui ne laisse quasiment aucune chance de victoire pour ces trois candidats du pouvoir-sauf véritable surprise, face aux candidats de l'UMP qui est dans un état interne que l'on sait, encore empêtrée dans son psychodrame depuis plus de deux semaines, laisse bien à voir que la confiance relative suscitée par Hollande pour son élection est d'ors et déjà bien entamée.

Dans les Hauts-de-Seine, Patrick Devedjian, et Elie Aboud, dans l'Hérault, sont arrivés en tête de leur circonscription. Tous les deux avec un très bon score. Le premier a même frôlé la victoire ce dimanche dans la 13e circonscription de ce département (Antony, Bourg-la-Reine, Châtenay-Malabry et Sceaux), avec le score de 49,82%, lui, pourtant, qui ne l'avait emporté en juin dernier que de 200 voix au candidat Julien Landfried-chevénementiste, qui n'a réuni, hier, avec le soutien du PS et d'EEV que 32,52% des voix.

Dans la 6e circonscription de l'Hérault, le candidat Elie Aboud, de l'UMP, qui a été battu au second tour de l'élection de juin dernier, qui avait certes perdu que de seulement 10 voix contre la socialiste Dolorès Roqué; hier, il a renversé cette tendance et devance très largement sa concurrente socialiste qui n'a recueillit finalement que 27,73% voix. Cette dernière a fait appel au soutien et la Baraka du plus populaire ministre de l'intérieur, Manuel Valls, pour créer la surprise et tenter de l'emporter.

Et enfin, la decevante surprise de ces trois législatives partielles qui n'est pas moins un symptôme de déception de cette gauche au pouvoir se situe dans le Val-de-Marne où le candidat socialiste se trouve tout simplement éliminé du second tour. Le candidat du PS, Akli Mellouli, n'a obtenu que19,9 % des voix, c'est les deux candidats UMP qui arrivent en tête. C'est le député sortant UDI investi par l’UMP, Henri Plagnol,qui a obtenu 26 % des voix et le dissident UMP, Sylvain Berrios, 23,33 %, qui battront le pavé et qui feront les marchés de cette circonscription pour l'occasion.

Alors, ce premier échec électoral de Hollande-Ayrault est-il seulement une sanction d'humeur, de désertion des bureaux de vote en ces jours de fêtes qui approchent ou alors c'est un rejet structurel, irrémédiable des hésitations gouvernementales, des « Oui, mais... » présidentiels et de la « politique de l'offre »-dans une société de chômage de masse, paupérisée jusque dans ses catégories supérieures, revendiquée fraîchement par François Hollande que ni Mitterrand et ni Jospin n'avaient osé revendiquer en leur temps ?

Ce que l'on sait à présent, en tout cas, c'est que l'UMP qui n'est toujours pas encore sortie de son psychodrame, elle, elle se frotte les mains depuis hier soir... Hollande et sa politique gouvernementale l'aura aidé ainsi à retrouver rapidement le poil de la bête...

 

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