Nouveau revirement de Barak Obama dans le conflit israélo-palestinien ?

 

 

La secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton était arrivée hier samedi 31 octobre 20009 en Israël après une brève tournée d'abord au Pakistan, en suite aux Emirats arabes unis. Ce périple s'est poursuivi aujourd'hui par sa visite au Maroc où il doit assister au « Forum pour l'avenir » qui se tient à Marrakech les 2 et 3 novembre 2009.

 

L'objectif de sa visite en Israél et en Cis Jordanie est de s'entretenir avec les responsables israéliens et avec Mahmoud Abbas pour relancer le processus de paix israélo-palestinien, dans l'impasse depuis bientôt un an à la suite de l'offensive israélienne dans la bande de Gaza.

Mme Clinton a exigé de la partie palestinienne la reprise des négociations entre les deux parties sans conditions préalables et en particulier sur la base de l'accord auquel est parvenu George Mitchell (l'émissaire américain pour le Proche-Orient) avec Israël, un accord qui ne prévoit pas un arrêt total de la colonisation. Ce à quoi Mahmoud Abbas avait répondu par un refus catégorique dans de telles conditions. Les palestiniens font de l'arrêt de la politique des implantations en Cis Jordanie et à Jérusalem-Est une condition préalable à toute relance du processus de paix avec Israël.

 

Il faut rappeler que le président américain Barack Obama, avait auparavant demandé à Israël de cesser toute construction dans les colonies avant que les négociations puissent reprendre, une prise de position qui avait été applaudie par les Palestiniens. L'administration américaine avait même exigé du gouvernement israélien le respect de la "feuille de route" du Quartet (Etats-Unis, Union européenne, Russie, Organisation des Nations unies) acceptée en 2003 par Israél et l'Autorité palestinienne.

 

Pourquoi ce changement de Barak Obama dans sa position par rapport au conflit Israélo-palestinien ? Pourtant le Président américain voulait faire du règlement pacifique de ce conflit l'une des priorités de politique étrangère de son gouvernement parce qu'il y voit la clé de relations apaisées entre l'Amérique et le monde arabe.

 

C'est à se demander si le nouveau revirement de la politique américaine ne cache pas en réalité l'absence chez Barak Obama de stratégie globale et claire en matière de politique étrangère pour trouver une issue viable et durable aux conflits dans lesquels les Etats Unies sont impliqués, comme c'est la cas aussi en Irak et en Afghanistan.

Pour le cas particulier du conflit du moyen orient les positions du Président américain ont connu une évolution en dents de scie en quelques mois. En juin 2008, Barack Obama, alors candidat démocrate à la présidence, avait prononcé un discours devant le American Israel Public Affairs Committee où il a décrit de façon très claire sa position franchement pro-isréalienne : « la sécurité d'Israël est sacro-sainte. Elle est non négociable. Les Palestiniens ont besoin d'un État contigu et cohérent qui leur permette de prospérer, mais tout accord avec le peuple palestinien doit préserver l'identité d'Israël comme État juif, avec des frontières sûres, reconnues et défendables. Jérusalem restera la capitale d'Israël, et elle doit demeurer indivisible ».

 

A l'opposé se trouve le contenu du discours prononcé à l'adresse des musulmans lors de sa visite au Caire le 4 juin 2009 où il reconnaît l'acceptation du dialogue avec l'islam politique, fait une distinction claire entre Al-Qaida et d'autres mouvements politiques, notamment le Hamas dont il affirme qu'il a un rôle à jouer dans l'avenir de la Palestine. Il a été jusqu'à faire des reproches à Israél pour sa politique de colonisation.

 

Par la suite et face l'obstination des Israéliens et aux pressions du lobby sioniste, Barak Obama a fait marche arrière en reconnaissant qu'il ne pourrait pas obtenir un gel de la colonisation, mais qu'il pousserait Israël à s'engager rapidement dans des négociations sur le statut final !!! Par ce nouveau revirement Obama vient de confirmer que l'Amérique et avec elle la Communauté Internationale sont otages de la politique expansionniste d'Israél.

 

C'est ce que Hilary Clinton est venue demander ce samedi à Mahmud Abbas : reprendre un « processus de paix » sans fin à l'abri duquel Israël continue sa politique de conquête et de colonisation.

 

La question qui se pose maintenant : pour combien de temps Abbas va se tenir ferme sur sa position de rejet de ces négociations absurdes ? Peut-il faire autrement ?

 

 

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