Maroc: oui le blocage continue.

Avec la nomination d'un nouveau chef de gouvernement, le pouvoir marocain vient d'humilier le parti islamiste PJD et son chef, et même temps rappeler aux autres que ce n’est pas les urnes qui comptent, mais c'est la volonté du makhzen qui triomphe toujours.

Le 7 octobre 2016, le parti islamiste de la justice et du développement ( PJD ) avait remporté les deuxièmes élections législatives organisées  après la nouvelle constitution de 2011. Quarante huit heures après, le Roi du Maroc avait reconduit son secrétaire général Mr Benkiran en qualité de Chef de Gouvernement pour constituer un nouvel exécutif.

Cinq mois de tractions avec les mentors des différentes formations politiques et les messagers du palais pour aboutir à une impasse, un blocage irréversible. Aux marocains,  qui voulaient savoir un peu plus sur les soubresauts,  les atermoiements, les manigances, au sujet de  ce qui se tramait dans une opacité totale, on demandait de circuler car il n’y a rien à voir pour le moment; l'essentiel c'est que tout marche ou plutôt rien ne marche avec ou sans gouvernement. 

Le 15 mars 2017,  coup de théâtre:  le Roi met fin à la mission de Benkiran pour désigner deux jours après  le Dr El Othmani ( psychiatre de formation), numéro deux du même parti pour lui succéder. Cette nomination a pris de court la direction du PJD qui avait prévu de se réunir avant pour tenter de proposer un candidat alternatif.

Prise de court, la direction du parti islamiste, n'avait d'autre choix que de s'abdiquer. Les marocains s’attendaient à ce que celle-ci  se résigne, mais pas à cette vitesse impressionnante. La disgrâce de leur chef charismatique qui s'est contenté de baisser la tête et de se taire,  est passée quasiment sous silence et en moins de quarante-huit heures tout le mode s'est mis aux ordres  de son successeur.

Ce qui vient de se passer n'est rien de moins qu'un assassinat politique d'un homme et de son parti, mené avec une efficacité redoutable.  Ce qui vient de se passer rappelle aux marocains qui étaient partis voter en octobre que le seul parti vainqueur de ces élections est celui qui les a toujours remportées.

 

 

 

 

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