Maroc: pourquoi l’alliance entre les islamistes et la gauche au sein du M20F ça dérange ?

Pourquoi l’alliance au sein du mouvement du 20 février entre les islamistes et les militants de gauche inquiète certains milieux qui jusque là tiraient profit à les jouer les uns contre les autres ? Ce rapprochement peut-il constituer une force politique alternative dans la construction d’une véritable démocratie ? Comme on l’observe, il n’y a pas que les partis et les hommes au pouvoir qui s’opposent à ce rapprochement, il y a aussi ce qu’on appelle les « intégristes laïques » qui demandent de mettre hors jeu démocratique toutes les sensibilités de l’islam politique. Cette haine pour des concurrents politiques virent rapidement à la haine de l’islam notamment chez certains activistes du mouvement culturel amazigh dont certains poussent la provocation jusqu’à se considérer comme des admirateurs d’Israël. Je ne sais pas comment certains marocains prétendent bâtir un système démocratique en cherchant à en exclure une grande partie de la population ? Quelle légitimité auront alors nos institutions démocratiques ? La religiosité des marocains est-elle en contradiction avec le combat pour la défense des valeurs universelles de la liberté, de la justice et de l’émancipation des femmes ?

Le mouvement du 20 février a le mérite, de par sa composition et ses pratiques, de nous montrer le chemin. Il nous donne tous les jours une belle leçon de tolérance en créant les bases d’un véritable débat démocratique qui garantit une liberté totale de pensée et d’expression. Une belle leçon qu’il faut saisir, pour admettre que chez nous la démocratie ne se fera pas contre les musulmans mais avec eux. Il est urgent et même vital pour notre avenir d’élargir et de développer ce processus engagé grâce aux initiatives audacieuses de nos jeunes.

 

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