Billet de blog 6 mars 2010
Premier sommet Maroc/UE ce week-end à Grenade en Espagne : point de vue d’un citoyen marocain
Le premier Sommet entre Le Maroc et l’Union européenne qui se déroule à Grenade (Espagne) les 6 et 7 mars, va marquer une «étape stratégique» pour les relations entre les deux parties.Ce Sommet va permettre aux deux parties de faire le bilan de la mise en œuvre du statut avancé accordé au Maroc. Il sera également question du nouveau Plan d’action Maroc-UE qui prendra la relève de celui qui est actuellement en cours et qui doit s’achever en juillet 2010 Le président du gouvernement espagnol, chargé de la présidence tournante de l’UE, José Luís Zapatero, le président permanent du Conseil européen, Herman Van Rompuy, et celui de la Commission européenne, José Manuel Barroso, ainsi que le commissaire au commerce, Karel de Gucht, et celui chargé de la politique de voisinage, Stefan Füle représenteront la partie européenne.
La délégation marocaine, elle, sera composée du Premier ministre, Abbas El Fassi, et des ministres des Affaires étrangères, de l’Économie et des Finances, de l’Agriculture et de la Pêche, de l’Éducation, de l’Industrie, du Commerce et des Nouvelles technologies et du Commerce extérieur. Il faut rappeler que le Maroc et l’Union Européenne avait signé en octobre 2008 au Luxembourg un accord sur le statut avancé. Un statut qui est un stade intermédiaire entre l’association et l’intégration à l’Union Européenne. Un partenariat privilégié dont il est le premier état à bénéficier au sud de la méditerranée.L’UE avait considéré que le Maroc avait fait des « efforts » en matière de réformes économiques, de droits de l’homme et de gouvernance. Le statut avancé, est considéré comme une preuve de confiance, une récompense aussi pour entretenir des liens durables.Le statut avait été discuté depuis plusieurs années et avait été promis aussi par Nicolas Sarkozy lors de son élection. Le projet de statut avancé nous avait apparu dans un premier temps comme un appui aux réformes politiques réalisées par le Maroc ces dernières années pour faire progresser la démocratisation et la modernisation de la société en se bénéficiant de l'appui de l'UE, notamment le programme de modernisation du système judiciaire en vue d'instaurer davantage d'indépendance et d'impartialité. Le programme de modernisation de l'administration a été lancé afin de renforcer sa capacité et de la rendre plus transparente et plus accessible pour les citoyens. Or jusqu’à présent l’efficacité de toutes ces mesures entreprises tarde à se traduire dans les faits et en particulier au niveau du quotidien des citoyens. Toutes ces « avancées » s'avèrent actuellement insuffisantes pour faire face aux véritables enjeux politiques, économiques et sociaux que vit le Maroc d'aujourd'hui. La majorité des marocains continuent à souffrir de la corruption, du clientélisme et de l’abus de pouvoir.Dans la réalité, ce que nous retenons de ce statut avancé, c’est que l’Europe en contrepartie d’une aide financière à l’Etat marocain ne cherche qu’à défendre ses propres intérêts qui peuvent être résumés en deux points : -La préoccupation principale de l’Europe est de renforcer les frontières de l'Union contre l'immigration clandestine et le terrorisme « islamique ». Ce qui ne rend pas plus facile non plus l'immigration régulière soumise à mille tracasseries, y compris pour les regroupements familiaux, au mépris du droit des gens, comme on le voit maintenant un peu partout en dans la majorité des pays européens.-Les entreprises européennes qui ne cherchent que de la rentabilité ne s'intéressent au Maroc que dans la mesure où il leur offre un marché de trente millions de consommateurs, de la main d'œuvre à bas prix, souvent sans protection sociale et avec des avantages fiscaux considérables pour celles qui cherchent à délocaliser laissant derrière elles de plus en plus chômeurs. Nous voulons plutôt un partenariat, attentif non seulement aux besoins des pouvoirs politiques et aux intérêts des entreprises capitalistes, mais aux besoins des populations dans la perspective de parvenir à un développement humain réellement durable.Les marocains refusent de voir dans l'Europe un simple marché où la part de certaines exportations doit être préservée sinon améliorée, mais plutôt un partenaire animé par le souci du respect d’une coopération dans les domaines socio-économiques donnant la priorité à la situation particulièrement difficile que connaissent les zones rurales et/ou enclavées au Maroc. Faut-il rappeler que l 'accès aux services sociaux de base ( éducation, santé) en milieu rural, où vit toujours près de 50% de la population totale du pays, reste encore très difficile à cause du manque, ou de l'absence, des infrastructures nécessaires au développement. Ce qui explique que le Maroc continue à glisser d’année en année vers les derniers rangs en matière des indicateurs du développement humain selon le PNUD pour occuper les dernières places (130° rang en 2009)Le renforcement du partenariat doit permettre aussi la libre circulation des personnes, comme c’est le cas pour les capitaux et les marchandises et d’impulser en parallèle la création d'un environnement politique et social propice, à initier un processus de développement démocratique et durable avec les communautés et non pas pour les communautés. Ce qui signifie que toutes les questions concernant la démocratie, la gouvernance, les droits humains, la liberté de la presse, doivent être prises considérés comme prioritaires. Enfin le statut doit préserver à la société civile « indépendante » la place qui lui revient pour faire en sorte qu’elle s'investisse activement dans la formulation, la mise en œuvre et le suivi des différentes stratégies de ce partenariat. Alhoceima le 06 mars 10Dr M. LachkarPrésident de ASASHANotes :http://www.statut-avance.com/index.php?option=com_content&view=article&id=22&Itemid=34
La délégation marocaine, elle, sera composée du Premier ministre, Abbas El Fassi, et des ministres des Affaires étrangères, de l’Économie et des Finances, de l’Agriculture et de la Pêche, de l’Éducation, de l’Industrie, du Commerce et des Nouvelles technologies et du Commerce extérieur. Il faut rappeler que le Maroc et l’Union Européenne avait signé en octobre 2008 au Luxembourg un accord sur le statut avancé. Un statut qui est un stade intermédiaire entre l’association et l’intégration à l’Union Européenne. Un partenariat privilégié dont il est le premier état à bénéficier au sud de la méditerranée.L’UE avait considéré que le Maroc avait fait des « efforts » en matière de réformes économiques, de droits de l’homme et de gouvernance. Le statut avancé, est considéré comme une preuve de confiance, une récompense aussi pour entretenir des liens durables.Le statut avait été discuté depuis plusieurs années et avait été promis aussi par Nicolas Sarkozy lors de son élection. Le projet de statut avancé nous avait apparu dans un premier temps comme un appui aux réformes politiques réalisées par le Maroc ces dernières années pour faire progresser la démocratisation et la modernisation de la société en se bénéficiant de l'appui de l'UE, notamment le programme de modernisation du système judiciaire en vue d'instaurer davantage d'indépendance et d'impartialité. Le programme de modernisation de l'administration a été lancé afin de renforcer sa capacité et de la rendre plus transparente et plus accessible pour les citoyens. Or jusqu’à présent l’efficacité de toutes ces mesures entreprises tarde à se traduire dans les faits et en particulier au niveau du quotidien des citoyens. Toutes ces « avancées » s'avèrent actuellement insuffisantes pour faire face aux véritables enjeux politiques, économiques et sociaux que vit le Maroc d'aujourd'hui. La majorité des marocains continuent à souffrir de la corruption, du clientélisme et de l’abus de pouvoir.Dans la réalité, ce que nous retenons de ce statut avancé, c’est que l’Europe en contrepartie d’une aide financière à l’Etat marocain ne cherche qu’à défendre ses propres intérêts qui peuvent être résumés en deux points : -La préoccupation principale de l’Europe est de renforcer les frontières de l'Union contre l'immigration clandestine et le terrorisme « islamique ». Ce qui ne rend pas plus facile non plus l'immigration régulière soumise à mille tracasseries, y compris pour les regroupements familiaux, au mépris du droit des gens, comme on le voit maintenant un peu partout en dans la majorité des pays européens.-Les entreprises européennes qui ne cherchent que de la rentabilité ne s'intéressent au Maroc que dans la mesure où il leur offre un marché de trente millions de consommateurs, de la main d'œuvre à bas prix, souvent sans protection sociale et avec des avantages fiscaux considérables pour celles qui cherchent à délocaliser laissant derrière elles de plus en plus chômeurs. Nous voulons plutôt un partenariat, attentif non seulement aux besoins des pouvoirs politiques et aux intérêts des entreprises capitalistes, mais aux besoins des populations dans la perspective de parvenir à un développement humain réellement durable.Les marocains refusent de voir dans l'Europe un simple marché où la part de certaines exportations doit être préservée sinon améliorée, mais plutôt un partenaire animé par le souci du respect d’une coopération dans les domaines socio-économiques donnant la priorité à la situation particulièrement difficile que connaissent les zones rurales et/ou enclavées au Maroc. Faut-il rappeler que l 'accès aux services sociaux de base ( éducation, santé) en milieu rural, où vit toujours près de 50% de la population totale du pays, reste encore très difficile à cause du manque, ou de l'absence, des infrastructures nécessaires au développement. Ce qui explique que le Maroc continue à glisser d’année en année vers les derniers rangs en matière des indicateurs du développement humain selon le PNUD pour occuper les dernières places (130° rang en 2009)Le renforcement du partenariat doit permettre aussi la libre circulation des personnes, comme c’est le cas pour les capitaux et les marchandises et d’impulser en parallèle la création d'un environnement politique et social propice, à initier un processus de développement démocratique et durable avec les communautés et non pas pour les communautés. Ce qui signifie que toutes les questions concernant la démocratie, la gouvernance, les droits humains, la liberté de la presse, doivent être prises considérés comme prioritaires. Enfin le statut doit préserver à la société civile « indépendante » la place qui lui revient pour faire en sorte qu’elle s'investisse activement dans la formulation, la mise en œuvre et le suivi des différentes stratégies de ce partenariat. Alhoceima le 06 mars 10Dr M. LachkarPrésident de ASASHANotes :http://www.statut-avance.com/index.php?option=com_content&view=article&id=22&Itemid=34
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