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Billet de blog 7 avril 2010

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Ajami un film israélien courageux

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Ajami, un film israélien qui sort dans les salles en France aujourd’hui 7 avril, est un chef-d’œuvre à tout point de vue. Il n’ avait pas obtenu la Camera d’or au festival de Cannes l'année dernière pour rien.

Ajami est un quartier populaire de Jaffa peu connu mais très redouté. Juifs, musulmans et chrétiens y vivent sans se reconnaître ni se voir. Crime, drogue et pauvreté y sont monnaie courante.

La film a été écrit et réalisé par deux Israéliens, l'un juif Yaron Shani, l'autre arabe Scandar Copti natif de ce quartier d’Ajami.

Ce film qui a été tourné en arabe, raconte la dureté de la vie, dans le quartier Ajami, entre Arabes locaux et Arabes "extérieurs",mais aussi la complexité des confrontations armées entre Juifs et Arabes, musulmans et chrétiens, Arabes israéliens et Arabes des Territoires occupés. Leconflit israélo-palestinien constitue la toile de fond du récit, mais lesréalisateurs ne cèdent jamais à la tentation de la simplification. Le film dépasse la simple question : de qui a tort,qui a raison ? Sa force politique consiste à faire ce qu’aucun film israélien n’avait fait auparavant : oser montrer la déroute de la société israélienne dans son ensemble. Ensemble, juifs et arabes sont en train de sombrer ; les arabes, et surtout les pauvres, enpremier. Le film ose raconter avec un courage exceptionnel la vie de cesArabes de 1948, qui sont nés enPalestine avant et après la création de l'Etat d’Israël [1948], qui se sentent chez eux et qui refusent de quitter leur terre natale . Certes, ce sont des Palestiniens et ils nourrissent un fort ressentiment contre Israël, mais cesont aussi des citoyens israéliens, au même titre que les Juifs. Ces mêmes palestiniens qui ont célébré il y a juste une semaine, le 30 avril, la Journéede la terre.

Un film audacieux, un coup de pouce pour le camp de la paix et dont l’esprit finira tôt ou tard d’inspirer la réalité dure et qui perdure

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