Lettre de mon ami J. M. Hadi qui vient de lire mon livre "Courbis, mon chemin vers la vérité et le pardon"

Cher Mhamed,

J'ai lu ton ouvrage et tout le long de ces pages j'avais l'impression très forte que j'étais enchainé à toi et qu'ensemble nous plongions dans un puits sans fond, un puits noir, hanté par l'esprit du mal, de la tragédie et de la bêtise humaine.
Tu as su mettre des mots simples sur un vécu terrible pour raconter ce qu'est le mal absolu, l'exécrable stupidité gratuitede l'être-animal, de l'animal fait homme.
Tes souffrances physiques et morales, tes angoisses, tes incompréhensions de ce qui fut , jaillissent froidement et fortement de cet écrit sous forme de mise en lumière de l'inimaginable.

Et puis la dernière page tournée, une sensation de malaise m' envahit et je fus submergé d' une foule de questions :

Comment est ce possible que notre pays ait pu un moment s'en aller vers cette dérive suicidaire aupoint de massacrer son élite estudiantine? au point de s'acharner sur une jeunesse qui tentait seulement de penser ..... en dehors des sentiers battus du politiquement correct ?

Pourquoi toi et pas moi ? et pas d'autres? Pourquoi tous ceux de Courbis et pas les autres?

Seule la Métaphysique pourrait apporter quelques réponses à ces" pourquois" mais combien même..... à quoi serviraient ces réponses lorsque la Grande Histoire apportera les siennes?. et elle commence heureusement à le faire.

Voilà que vient le temps du pardon et tu as pardonné...à ton Pays, pas à tes tortionnaires. Ce pardon te grandit et souligne encore admirablement ton nationalisme et ton amour pour la terre et le peuple qui t'ont vu naitre.
Qu'il me soit également permis d'écrire un mot au sujet de ton épouse, cette personne que l'on rencontre aux détours de ton récit, toujours présente , très jeune étudiante puis mère de tes enfants. On la sent là, autour de toi, dans tes pensées comme une image bienveillante, comme une ombrelle protectrice, comme une force discrète pour aider à supporter et à dépasser et plus tard pour guérir et pardonner.
Bien à vous deux et recevez toute mon amitié et ma considération.


J. M. Hadi.



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