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Billet de blog 13 mars 2010

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Le Décès du recteur d'Al-Azhar ouvre le débat sur religion et politique en Islam

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Cheikh Muhammad Sayyed Tantawi, haute autorité de l'islam sunnite en Égypte et grand imam d'Al-Azhar, décédé mercredi 10 mars 2010 en Arabie Saoudite d'une « crise cardiaque subite », alors qu'il se trouvait à l'aéroport international de Ryad en Arabie Saoudite pour regagner le Caire, vient d’être enterré dans le cimetière de Baqi à Madine. Né le 28 octobre 1928 à Sohag (Haute-Égypte), il est nommé Grand Mufti officiel de la République d'Égypte de 1986 à 1996, puis recteur de l’université d'Al-Azhar depuis le 27 mars 1996 par le président Hosni Moubarak, où poursuivent leurs études dans diverses spécialisations environ 25.000 étudiants Tantaoui était une personnalité très connue dans le monde musulman pour ses positions en faveur d’un « Islam modéré et moderne » mais on lui reproche son soutien et son alignement sur les positions du pouvoir de Moubarak. Mais il a été surtout l’homme aux positions qui ont crées controversées.Sur le plan politique on lui pardonnera jamais son soutien à la « normalisation » des relations avec Israél. On lui reprochera surtout d’avoir accepter de serrer la main au président israélien Shimon Peres et de rencontrer des personnalités israéliennes dans le cadre « des dialogues interconfessionnels » En février 2003, il avait suspendu de ses fonctions le Président du Conseil de la fatwa dépendant d’Alhazar le Cheikh Ali Aboulhassan après que ce dernier ait prononcé une fatwa faisant du djihad contre les soldats américains, au cas où ils envahissent l’Iraq, un devoir . Dans la même année il a pris uns décision identique à l’encontre du Chiekh Nabaoui, successeur du Cheikh Aboulhassan pour avoir émis une fatwa qui préconise que le Conseil du gouvernement provisoire iraquien installé par les américains était illégitime. Sur un autre plan , on se rappelle aussi que Nicolas Sarkozy en 2004, alors ministre de l’intérieur était venu chercher en Egypte le soutien d’une haute autorité religieuse de l’islam, pour l’interdiction du voile dans les établissements scolaires français. Cheikh Tantaoui qui n’était pas le « Pape » des musulmans avait soutenu la démarche française. Aussitôt après il a été désavoué par les savants de l’Académie de recherches islamiques d’Al-Azhar, ainsi que par la majorité des musulmans du monde entier.Au sujet du nikab ou voile intégral Cheikh Tantaoui avait crée la polémique après avoir déclaré en octobre 2009 qu’il
envisageait d’interdire formellement le port du niqab dans les collèges pour jeunes filles qui dépendent d’Al Azhar. « Le niqab n'est qu'une tradition, il n'a pas de lien avec la religion ni de près ni de loin » avait-il déclaré d’une façon agressive à une collégienne qui portait le nikab. Les opposants à cette restriction étaient nombreux, à commencer par les Frères musulmans qui dénonçaient « une guerre contre l’islam menée par Tantaoui au profit des défenseurs de la laïcité ». Certains juristes avaient estimé que toute interdiction du niqab porte atteinte aux libertés individuelles. Ce n’était là que quelques exemples des positions d’un homme qui utilisait sa position privilégiée en tant que responsable d’une grande et prestigieuse institution religieuse non seulement de l’Egypte mais de l’ensemble du monde musulman pour servir un régime en manque de légitimité démocratique. La disparition de ce grand théologien vient d’ouvrir à nouveau le débat dans les pays musulmans sur la relation entre la religion et la politique, éclipsant pour le moment le vrai débat en ours en Egypte sur l’urgence de l’instauration de la démocratie, comme l’exige Mohamed El Baradei, ancien directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), dont le retour dans son pays a été salué par tous les démocrates arabes mais malheureusement passé sous silence par les médias internationaux.Dr M. LachkarAlhoceima (Maroc) le 13 mars 2010

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