Aujourd’hui 15 mai 2010, le peuple palestinien et toutes les forces vives qui le soutiennent commémorent le 62e anniversaire de la Nakba. Un anniversaire qui rappelle l’occupation de la Palestine et l’expulsion de ses habitants. Entre 1947 et 1949, près de 800 000 Palestiniens ont été expulsés de leurs terres et de plus de 500 villages ont été détruits par les forces militaires juives qui ont commis là l’un des massacres les plus ignobles que l’histoire humaine contemporaine ait connu. Ce projet de déracinement de tout un peule n’aurait jamais pu être mené àterme sans le soutien et la complicité des forces colonialistes (la Grande-Bretagne exerçait à l’époque le mandat sur la Palestine) et de certains régimes arabes.
15 mai 1948, une date qui marque le début d’une tragédie de tout un peuple, qui allait connaitre la souffrance permanente et subir la politique coloniale la plus destructrice .Un peuple martyr qui depuis cette triste date ne connaitra que massacres, déportations et exiles avec le soutien ou le silence complice de toute la communauté internationale.
15 mai 1948, une date qui rappelle l’injustice faite et qui continue à être faite au peule palestinien. 62 ans après, la Nakba ne s’est pas arrêtée : l’occupation continue de déporter des milliers de palestiniens, d’annexer leurs terres, de détruire leurs maisons, de mener des guerres et des massacres contre la population, d’emprisonner arbitrairement des milliers de personnes.
La Nakba, un événement tragique que les israéliens ne veulent pas reconnaitre. En 2009, le gouvernement israélien a décidé purement et simplement l’interdiction de l’utilisation de ce terme arabe dans les manuels scolaires en Israël. Ce mot est considéré dans les écoles israéliennes comme une incitation contre Israël. En mars dernier, le parlement israélien a même voté une décision préliminaire interdisant toute commémoration de la Nakba et a donné consigne au gouvernement de pénaliser financièrement les municipalités ou conseils de village qui participeraient aux commémorations de la Nakba! L’autorité palestinien, comme d’habitude s’est soumise à l’ordre des forces d’occupation et s’était interdite aujourd’hui de célébrer la Nkaba en Cis Jordanie.
Aujourd’hui, Gaza a célébré la Nakba dans l’unité de toutes les organisations palestiniennes alors qu’elle est toujours sous un blocus militaire total qui fait d’elle le plus grand camp fermé au monde dans lequel survivent 1,5 million d’individus dans des conditions de vie inhumaines. Mais, les habitants de Gaza ne désespèrent pas, ils continuent à résister. Ils se permettent même de lancer un défi en organisant depuis le 2 mai 2010 leur propre « Coupe du monde » (1).
Aujourd’hui, nous célébrons la Nakba alors que Netanyhou vient de confirmer qu'Israëlallait poursuivre dans les deux prochaines années les expulsions et laconstruction dans des quartiers de colonisation de Jérusalem-Est, intensifiant ainsi le nettoyage ethnique dansla ville sainte Al Qods. Tout ceci se déroule, encore une fois, avec l’accordaméricain et européen, et une dérobade honteuse des régimes arabes.
Aujourd’hui,nous célébrons la Nakba alors les grandes démocraties de ce monde continuent à manifester leur soutien inconditionnel à un État qui viole chaque jour le droit international. Le 15 avril dernier, le maire de Paris s’est permit d’inaugurer en grande pompe et en présence du président Peres, une esplanade portant le nom de Ben Gourion, qui n’est autre que l’homme qui avait supervisé, entre 1947 et 1949, la Nakba qu’il avait osée commenter odieusement en ces termes : « Nous devons tout faire pour nous assurer que les Palestiniens ne reviendront jamais; les vieux mourront et les jeunes oublieront». Encore un autre signe de soutien parmi tant d’autres :le lundi passé 10mai 2010, Israël a été accepté au sein de l’OCDE.
15mai, un anniversaire qu’il faut continuer à commémorer pour condamner l’occupation et exiger le retour des réfugiés à leurs foyers, terres et maisons d’où ils ont été expulsés en 1948. Il s’agit d’un droit garanti et déclaré par toutes les résolutions, les traités, les accords internationaux et notamment la décision 194 qui est considérée comme une des résolutions légales internationales les plus favorables à la légalité de la réclamation du droit au retour.
62 ans après la Nakba, il est nécessaire de renouveler cet attachement au droit au retour, de rassembler les énergies populaires palestiniennes et ses soutiens de par le monde, pour que les Israéliens et le monde entier comprennent que jamais l’histoire noire de l’occupation ne sera oubliée. Les palestiniens tiennent à leur terre malgré ce qu’ils ont subi et continuent à subir. Les dernières déclarations du président des Etats-Unis sur le droit de retour n’y changeront rien.
Alhoceima (Maroc) le 15-5-2010
Notes