Paris : inauguration polémique de la Place Mahmoud Darwich

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«Nous aussi nous aimons la vie quand nous en aurons les moyens», voilà ce qu’on peut lire sur la plaque commémorative de la Place Mahmoud Darwich dévoilée le lundi 14 juin 2010 au terme d’une brève cérémonie par le maire de Paris Delanoë en présence de Mhamoud Abbas Président de l’Autorité palestinienne. La place qui porte le nom du grand poète palestinien est située sur le quai Malaquais dans le 6e arrondissement de Paris, à quelques pas du Louvre et de l’Académie française. M. Delanoë a tenu à préciser au coursde son allocution , que l'attribution de cette place au poète palestinien, décédé en août 2008, était envisagée «des mois après son décès», et n'apas été décidée «par quelque souci tactique ou par quelque volonté d'équilibre par rapport à telle ou telle autre perspective», en allusion à l'inauguration, il y a quelques semaines à Paris de la promenade Ben Gourion, fondateur d'Israël, critiquée par plusieurs organisation pro-palestiniennes.

Il faut rappeler que cette inauguration en avril dernier de la promenade Ben Guerion , était restée en travers de la gorge de nombreuses associations de soutien au peuple palestinien. S'agit-il donc d'une façon de change de la part de Paris qui fleure là l'exercice d'équilibriste entre israéliens et palestiniens. Dans ce cas pourquoi pas le choix d'un autre lieu pour baptiser Yasser Arafat alors même que le jardin Yitzhak-Rabin, situédans le 12e arrondissement, existe depuis 2000. Ce dernier avait d’ailleurs reçu le prix Nobel de la paix en1994 avec le chef de l’Autorité palestinienne de l’époque, Yasser Arafat. On nepeut que regretter et condamner cette politique de deux poids deux mesures.

D’ailleurs l’absence de RachidaDati de cette cérémonie et qui a attiré l’attention des observateurs arabes, neva -t- pas dans le même sens ? Si non comment expliquer son boycott d’unévénement qui se déroule juste à côté de sa mairie du 7e arrondissement ? La communauté arabe et musulmane se rappelle encore et avec indignation comment cette responsable politiqued’origine magrébine avait pris dans ses bras et embrassé le président israélien Shemon Péres lors de l’inauguration de la promenade Ben Guerion, un criminel de guerre responsable de l’expulsion de plus de 700 000 palestiniens. Rachida Dati s’était même permise de faire un discours pour louer le « combat de Ben Guerion pour construire l’Etat d’Israël » et montrer son admiration pour Israël et son Président, sous les applaudissements dulobby juif présent. Rachida Dati, par son absence à la Place Mahmoud Darwich, cherchait-elle peut être à se racheter auprès de Nicolas Sarkozy, l’ami infaillible de l’Etat hebtreux.

Ironie de l’histoire et hasard du calendrier, Mahmoud Darwich, l’homme des lettres et de culture, est honoré alors qu’éclatent en France deux autres événements en relation avec le conflit du Moyen Orient.

Le premier événement concerne la violente polémique, qui vient d’avoir lieu au bord de la Seine une sur le boycott des intellectuels et desproduits culturels israéliens. L’affaire qui incarne cette polémique est celle du réseau du cinéma d’arts et d’essai «Utopia» qui avait pris la décision de déprogrammer un film israélien pour protester contre l’attaque du convoi humanitaire par l’armée israélienne. Le quotidien français Le Monde est allé jusqu’ à consacrer à cette affaire dans son édition du 10 juin un éditorial à sa Une intitulé «Ne boycottons pas les artistes israéliens». Même le ministre de la Culture Frédéric Mitterrand s’est exprimé après hésitation sur le sujet et a condamné cette déprogrammation.

Le deuxième événement, concerne aussi les médias et la communication : la France vient de décider hier lundi 14 juin 2010 d’annuler la diffusion de la chaîne d’AlAqsa ( la châine TV officielle du gouvernement légitime de Gaza) sur le satellite Eutelsat. Une décision prise par le Conseil de" diffusion français sous le prétexte que cette chaine véhicule la haine et appelle à la violence. Une façon de plus de renforcerle blocus, médiatique cette fois-ci, sur les populations Gaza, au moment où la levée de ce blocus est devenue une exigence urgente de l’ensemble de la communauté internationale.

Par ces récents événements , la France de Nicols Sarkosyet sous la pression des différents lobbys, vient de prouver sa complicité et sa soumission aux pressions israélo-américaines.

 

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