Un hommage à José Saramago

C’est avec une grande tristesse que j’avais appris le week-end dernier la mort du grand écrivain portugais José Saramago.

Fotografia SARAMAGO, JOSE

C’est avec une grande tristesse que j’avais appris le week-end dernier la mort du grand écrivain portugais José Saramago.Je m’attendais à ce que Médiapart, consacre à cet intellectuel engagé et humaniste et de gauche un article à la Une, voir même lui consacrer un dossier spécial, pour rendre hommage au Prix Nobel de littérature (1998) qui venait de nous quitter à l’âge de 87. Rien, pas un mot. Heureusement j’ai retrouvé un billet sur le blog de Cristel (Ha muerto Saramago), ce qui m’a remis relativement de mes doutes.

Avec ce court billet et avec un peu de retard, je tiens donc à rendre à mon tour hommage à l’homme de lettres portugais le plus connu et à l'un des porte-étendards de la pensée libre et moderne. Je sais que Saramago était de tous les combats et dérangeait beaucoupde monde par ses écrits et ses positions courageuses y compris dans son propre pays qu’il a été forcé de quitter pour s’exiler avec sa femme aux Iles Canaries. Mais ce que je retiens le plus du parcours de cet intellectuel qui a continué à croire aux utopies jusqu’au dernier jour de sa vie, c’est qu’il était un défenseur acharné de la cause palestinienne. Je me rappelle encore de sa visite à Ramallah en Palestine en 2002, une visité organisée dans le cadre de la délégation du Parlement international des écrivains dirigée à l’époque par le Français Christian Salmon. Cette prise de contact directe avec la réalité tragique des populations palestiniennes avait fortement marqué Saramago. Il avait eu le courage de dénoncer la nature de l’occupation israélienne et décrié les conditions infrahumaines dans lesquelles vivaient les palestiniens dans les territoires occupés. Ses déclarations lui valurent d’être accusé d’antisémitisme et ses livres allaient être boycottés par Israël.

Malgré cela, il ne transigea jamais et renouvela sans cesse sa dénonciation de l’occupation israélienne et sa solidarité avec les Palestiniens. Dans son dernier livre Cain « Le Cahier », un recueil des textes écrits pour son blog « outros-cadernos-de-saramago » de septembre 2008 à mars 2009, il appelle à la levée du blocus de Gaza. Dans un des derniers billets mis en ligne sur ce blog, il y remerciait son ami l’auteur suédois Henning Mankell pour sa participation à la flottille en faveur de Gaza.

« Qui a déjà résisté 60 ans résistera 60 années de plus » avait déclaré Saramago en soutien à la résistance du peuple palestinien.

Adieu l'ami.

 

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