Mon prochain livre: "Cette guerre n'était pas la mienne"

Mon livre n’est pas un témoignage de plus sur la guerre Espagne. Il est plutôt un roman historique qui laisse une large  place à une fiction traversée par tout ce que j’ai pu récolter comme informations aussi bien d’un point de vue familial qu’historique. Il est surtout imprégné de ce que ma mémoire a pu préserver de ces fragments d’histoires que me racontait mon grand-père pendant mon enfance.

Présentation en quelques lignes de mon prochain livre « Cette guerre n’était pas la mienne » et qui sortira bientôt:

Le livre est un récit  qui raconte l’histoire de ces milliers de paysans marocains du Rif qui étaient obligés en 1936 de quitter leur pays pour fuir la misère, prendre la mer et débarquer en terre étrangère pour participer à la guerre civile espagnole du côté franquiste. Ces hommes ont combattu dans des conditions déplorables dans une guerre qui n’était pas la leur. Ils étaient partis en volontaires, pour quelques jours, et ils étaient tombés dans une guerre qui ressemblait à une guerre de mercenaires.  Employés comme chaire à canons, victimes de racisme et de multiples discriminations pendant la guerre, ils seront accusés par la suite d’avoir été les auteurs des pires atrocités et des violences commises par les nationalistes.

Mon livre n’est pas un témoignage de plus sur la guerre d’Espagne. Il est plutôt un roman historique qui laisse une large  place à une fiction traversée par tout ce que j’ai pu récolter comme informations aussi bien d’un point de vue familial qu’historique. Il est surtout imprégné de ce que ma mémoire a pu préserver de ces fragments d’histoires que me racontait mon grand-père pendant mon enfance.

 

En voici un petit extrait du dernier chapitre:

"La douceur de la nuit et le bruit des vagues avaient fini par apaiser mes angoisses. Je réussis à m’endormir assis sur mon rocher. Le bruit des premiers bateaux de pêche qui rentraient au port, escortés par des joyeuses troupes de mouettes, m’avait sorti de mon profond sommeil. Je m’ébrouai, m’aperçus que le soleil commençait à pointer à l’horizon, une nouvelle journée venait de commencer, une nouvelle page de ma vie allait s’écrire. Pour me dégourdir les membres, je commençai à faire les cent pas en parlant tout seul, quand tout d’un coup j’entendis au loin un son du clairon identique à celui de la Légion qui accompagne la levée des couleurs. L’écho de ce bruit qui résonna dans mes oreilles quelques minutes ne m’était complètement pas étranger. Il me fit sortir de ma torpeur, pour ouvrir bien mes yeux et revenir à la réalité. Une réalité amère qui m’avait rappelé que notre terre était toujours occupée par les mêmes espagnols avec qui et contre qui j’avais combattu. A l’instant je me sentis envahi par un étrange sentiment de confusion. Hier encore à mon retour au pays, j’étais certain d’avoir appris la leçon : la guerre était finie pour moi. Mais là, je commençais à douter, je n’étais   pas très sûr d’avoir bien compris la leçon. Je n’étais pas certain que ça n’arrivera plus. Je n’étais même pas certain que la guerre était bien finie. La guerre ne sera vraiment finie que lorsque le dernier soldat étranger ait quitté notre sol et que notre peuple ait retrouvé sa liberté et sa dignité. Sur le chemin de retour à la maison, je n’avais pas cessé de me demander : qu’avait-elle donc fait cette guerre de ma tête ? M’avait-elle brouillé ma vision ? Ou au contraire, m’avait-elle réellement ouvert un troisième œil qui allait me permettre de distinguer l’opacité et la complexité de la vie ?"



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