Le TGV marocain: je suis contre

A l’occasion du lancement des travaux en grande pompedu premier TGV au Maroc, en présence de Nicolas Sarkozy qui vient d’effectuer à Tanger ce jeudi une visite expresse, le vieux proverbe marocain qui dit «Ô toi pauvre bonhomme, de quoi tu as besoin? De bagues mon seigneur» vient d’être actualisé et transformé à l’occasion en: «Ô toi pauvre pays, de quoi tu as besoin ? De TGV mon seigneur».

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A l’occasion du lancement des travaux en grande pompedu premier TGV au Maroc, en présence de Nicolas Sarkozy qui vient d’effectuer à Tanger ce jeudi une visite expresse, le vieux proverbe marocain qui dit «Ô toi pauvre bonhomme, de quoi tu as besoin? De bagues mon seigneur» vient d’être actualisé et transformé à l’occasion en: «Ô toi pauvre pays, de quoi tu as besoin ? De TGV mon seigneur».

 

La majorité des marocains se demande s’il s’agit là d’un véritable levier pour le développement économique du pays ou plutôt d’une simple dépense de prestige ?

Personnellement je pense que notre pays a fait un mauvais choix en se lançant dans la construction d’une ligne à grande vitesse (TGV) devant relier Tanger à Casablanca sur une distance de 350 Km, et dont le coût s’élève à environ 3 milliards d’euros ? Il n’y a pas l’ombre d’un doute. Je reste sceptique à l’égard de ce genre de projet et je me demande qui en a décidé du lancement et dans quelles circonstances ? A ma connaissance, même le parlement n’a pas été tenu au courant de tous les détails.

Les chiffres dévoilés aujourd’hui montrent en effet que l'exploitation de cette LGV n’est ni justifiée ni viable. On a le droit de douter si les responsables gouvernementaux ne font pas passer les intérêts de l'industrie française et leurs propres intérêts avant ceux de la population.

Les marocains n’ont-ils pas d’autres besoins plus urgents dont notamment le désenclavement des zones rurales et l'amélioration de l'accès aux soins de santé, à l'éducation, à l'emploi, au logement ? En ce temps de crise, ces financements auraient bien pu servir à améliorer le niveau de développement humain qui est un des plus bas par rapport aux pays voisins. Les marocains veulent des réponses à toutes ces questions. Le temps de l’opacité est révolu et le peuple tient à décider lui-même de son avenir et de ses intérêts réels.

 

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