Sous la pression des américains, les dirigeants arabes donnent le feu vert aux négociations directes avec Israël

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Après l’échec des négociations indirectes menées par l'émissaire américain pour le Proche-Orient, George Mitchell entre Ramallah et Tel-Aviv, les représentants des pays Arabes, réunis jeudi 29 juillet 2010 au Caire, pour discuter de la reprise des négociations avec"Israël", n'ont pas pu résister aux pressions de leurs maîtres américaines et à leurs alliés européens et autres.

Après la comédie des « réunions à huit clos » et des soit disant divergences entre différentes tendances, le comité de la Ligue chargé du suivi de « l'initiative arabe de paix » avec la présence de plusieurs ministres des Affaires étrangères, a annoncé que les pays arabes sont d'accord sur le principe de pourparlers directs avec "Israël", tout en laissant à Mahmoud Abbas le soin de juger quand les conditions seront réunies pour qu'ils débutent.

Mais qui a donné à ce comité arabe de suivi le pouvoir d'accorder une quelconque couverture politique aux négociations avec Israël ? Le peuple palestinien n'a donné à personne le droit pour parler en son nom.

Mais de qui se moquent-ils ces responsables arabes en manque de crédibilité ? Qui peut croire encore un instant à ces décisions prises uniquement pour faire le jeu d’un Barak Obama qui fait semblant de s’occuper de la paix au Moyen Orient qui se déduit pour lui au démarrage des négociations alors qu’en fait, il consacre tous ses efforts sur un objectif jugé beaucoup plus décisif par le président américain, à savoir les élections au Congrès, qui doivent se dérouler en novembre ?

D’ailleurs, Hamad Ben Jassem Ben Jabr Al-Thani, Premier ministre et ministre des Affaires étrangères du Qatar, qui présidait la rencontre du Caire, a reconnu lui même qu'une lettre allait être envoyée au président américain Barack Obama exposant "comment nous voyons tout processus de paix ou négociation directe", comme si l’administration américaine allait en tenir compte.

Le maestro de cette tragi-comédie, le secrétaire général de la Ligue arabe l’Egyptien Amr Moussa, ose même faire de la surenchère phraséologique en parlant de la nécessité d'obtenir des "garanties écrites" pour ces discussions directes, qui doivent selon lui "être sérieuses" et porter sur le"statut final" d'un futur Etat palestinien et d'un accord de paix.

Le pauvre Abbas, lui se plaint devant la presse qu'il faisait face à "des pressions comme il n'en a jamais connues avant dans sa vie, de la part de l'administration américaine, de l'Union européenne et du secrétairegénéral de l'ONU". C’est lamentable !!!

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Bien sûr les réactions de l’autre camp ne se sont pas fait attendre. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a rapidement réagi en se déclarant prêt à des négociations "directes et franches" avec l'Autorité palestinienne. De leur côté les Etats-Unis ont jugé eux "encourageants" les signes de soutien manifestés par la Ligue arabe à une reprise du dialogue direct.

La réalité sur le terrain est tout autre. Cela fait plus de vingt ans, que les palestiniens ont accepté (malgré eux) une solution pacifique avec une reconnaissance de l’Etat d’Israél dans ses frontières de 1948. Mais qu’ont-ils obtenu en contre partie ? Rien. On est en droit de se demander que va encore négocier aujourd’hui Abbas et sa clique avec Netanyahu et son gouvernement d’extrême droite et que compte t-il obtenir ?. Benjamin Netanyahou ne vient-il pas de rappeler qu'Israël « n'acceptera jamais, quels que soient les accords conclus, de se retirer de la vallée du Jourdain » ? N’avait-il pas affirmé que Jérusalem est et restera la capitale « unifiée et éternelle » d'Israël, comme l'avait déjà décidé la Knesset en juin 1980. Legouvernement israélien actuel n’a-t-il pas déclaré à plusieurs reprises qu’il n'est pas prêt à accepter la création d'un Etat palestinien, de quelque nature qu'il soit.

Les palestiniens, sont convaincus qu’il est inutile de parler à quelqu’un qui ne connaît et ne pratique que le langage de la violence. L’expérience leur a montré que l'occupation israélienne profite des négociations (synonyme de capitulation) pour poursuivre sa politique coloniale et expansionniste et notamment la judaïsation de la ville occupée d'Al-Quds, la poursuite de la colonisation en Cisjordanie occupée, et le maintien du blocus injuste contre les populations dans la bande de Gaza. Il est donc inutile de parler à quelqu’un qui ne connaît et ne pratique que le langage de la violence.

Enfin comment peut on négocier en ignorant la réalité de la présence incontournable du Hamas et des autres fractions palestiniens que Abbas ne peut prétendre représenter ? Contrairement à ce qu’on laisse souvent entendre, le mouvement de résistance Hamas serait prêt, il vient de le confirmer, à négocier une trêve « hudna » à long terme avec Israél à condition que le siège de Gaza soit levé et que la colonisation des Territoires Occupés cesse immédiatement, dont celle d’Al-Quds. Ces conditions sont parfaitement dans la ligne des exigences de la « Communauté internationale », mais encore faut –il que les américains affichent une volonté ferme d’établir une paix juste, réelle et durable au Moyen Orient. En attendant les palestiniens ne leur restent que le choix de résister encore et toujours sans jamais perdre l’espoir de récupérer leurs droits légitimes.

 

 

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