Chaque année depuis 1976, les palestiniens vivant en Israël et ceux des Territoires occupés (Cisjordanie et Gaza) et de la diaspora, commémorent la journée de la Terre, le 30 mars, un jour de révolte, un jour de lutte pour la terre et pour les droits, devenu un symbole de la résistance du peuple palestinien et un moment fort de la solidarité internationale.
Le 30 mars 1976, les forces israéliennes d’occupation ont tué six Palestiniens et blessé des dizaines d’autres alors qu’ils manifestaient pacifiquement en protestation contre la confiscation de plus de 2.000 hectares de terre en Galilée, au nord de la Palestine, entre les villages de Sakhnin et Arraba. Des grèves en solidarité ont eu lieu presque simultanément en Cisjordanie, dans la Bande de Gaza et dans laplupart des camps de réfugiés palestiniens du Liban.
Depuis 1948, près de 400 villages palestiniens ont été détruits, et leurs terres confisquées. Le gouvernement israélien de époque (travailliste) avait entreprit un vaste plan de "judaïsation de la Galilée". La population arabe en Galilée et dans l'ensemble de la région nord était une obsession pour les dirigeants israéliens.
Le 19 février 1976, le Gouvernement travailliste annonça sa décision de confisquer 25 000 dunums de terre en Galilée. Suite à cette décision, les Palestiniens répliquèrent par la grève générale, suivant le mot d'ordre lancé par la Conférence Nationale pour la Défense des Terres Arabes, un front constitué en septembre 1975, réunissant des militants étudiantset villageois, maires et conseillers municipaux des principaux villages arabes, en Galilée et dans la région dite du Triangle (il s'agit de la seconde régionde peuplement arabe en importance à l'intérieur d'Israël).
La presse israélienne déclencha une campagne hostile dès l'annonce de la grève générale du 30 mars 1976. Des pressions s'intensifièrent pour tenter de convaincre les organisateurs de lagrève de l'annuler...
En dépit des menaces, la grève eut lieu. Mais la présence de l'armée israélienne transforma la grève en manifestation, puis enrévolte.
Le Jour de la Terre devint ainsi, celui de la résurrection politique des arabes d'Israël, ces oubliés que l'on croyait résignés sinon intégrés
Cette logique de confiscation des terres a conduit progressivement les "arabes israéliens" à se découvrir, comme les autres palestiniens, victimes du même processus de dépossession qui ne sepoursuit pas seulement aujourd'hui dans les Territoires occupés mais en Israël même, en Galilée et au Neguev. Aujourd’hui encore ces Palestiniens de 1948, continuent de subir un apartheid de fait, politique, social, économique. Des partis politiques israéliens ne cachent pas leur volonté de les transférer hors de leurs terre.
La Journée de la Terre, cette année, arrive après que le gouvernement d’occupation israélienne ait annoncé la construction de milliers de nouveaux appartements en Cisjordanie occupée et à Jérusalem Est (Al-Qods). « Construire à Jérusalem, c'est comme construire à Tel Aviv, » a dit le Premier ministre Benjamin Netanyahu au début de ce mois.
La Journée de la Terre, cette année, arrive aussi après plus de 62 ans d’occupation, plus de 22 sommets arabes, plus de 18 ans denégociations post-Oslo, 2 Intifadas et près de 4,5 millions de Palestiniens vivant en diaspora.
Enfin, la Journée de la Terre cette année , a été endeuillée ce mardi par la mort d’un adolescent et la blessure de onze palestiniens dont des enfants lors des marches dans la bande de Gaza.
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