Penser à la Lybie et se dire que le devoir de mémoire ne suffit pas

Se souvenir de Srebrenica, du Rwanda.

Penser à la Lybie et se dire que le devoir de mémoire ne suffit pas à éviter de nouveaux Srebrenica. Le devoir de mémoire ne soulève pas les institutions, il n'exerce pas de pression. Il permet de lancer l'alerte, de projeter le sentiment que quelque chose de très grave, de condamné par le passé et d'impensable, est en train de se reproduire à ce moment même.

Sous les mers, sous les terres, c'est l'Histoire qui repose.

Cette Histoire, comment jugera t'elle les premiers pas du 21e Siècle, quand les récits seront ramenés à la surface du présent ? Retiendra t'elle l'ultra communication qui nous a rapproché, ou l’ultra communication qui nous aura éloignés ?

La-bas on les jette des femmes, des hommes, des enfants à l'eau, on les exécutent, on les torturent. Ici ils affluent, ces revenants, ils reviennent au monde. Ils sont devant nous. Pourtant leur présent est inaudible, incompréhensible, flou. Il s'éclaircira plus tard.

Mais avant d'avoir à nous souvenir, nous devons savoir. Nous avons le devoir de chercher à savoir, avant que l'Histoire qu'on pensait derrière nous rattrape soudainement en effet boomerang, et nous mette à genoux.

 

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