"Lybia no good"

Porte de la Chapelle, un jeune homme tient un dessin qu'il montre aux passants.

Sur la feuille de papier il a dessiné... la mer. Et au milieu de cette immensité un petit bateau.A son bord, il y a des hommes. Ils ne sont pas nombreux sur cette embarcation, peut-être moins d’une dizaine. Je lève les yeux sur le jeune homme qui me sourit sans un mot.
Il me tend son dessin... pour que je regarde à nouveau. A ses côtés, son copain, lui, m’explique :

« Lybia No Good »


Pour la énième fois, j’entends résonner cette phrase. Cette phrase qui s’accompagne souvent d’un sourire gêné ou bien
d’un regard fuyant.


« Lybia No Good »


Par retenue, par pudeur, parce que c’est beaucoup trop difficile de raconter, parce qu’ils ne veulent pas nous accabler, ils
disent :

« Lybia no good »


Comme un mantra contre le mauvais sort que ce pays a définitivement jeté sur leurs vies.


« Lybia no good » pour ne pas dire ... j’ai cru que j’allais mourir ».

 

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.