Entretien avec Zofie Taueber, photographe chez DuB éditions

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Depuis combien de temps faites vous de la photographie et qu’est ce qui vous y a poussé ?

J’utilise un appareil photo depuis environ l’âge de 14 ans. J’ai pris mes parents en photo avec l’appareil de mon père. C’était au zoo d’Anvers, il y avait du soleil. Pour une fois, j’ai trouvé que la réalité avait son charme. Mon père m’a donné son reflex olympus OM10. J’ai continué.

Vous travaillez particulièrement la superposition d’images différentes, quel effet cherchez vous à produire en associant des images parfois très éloignées ? Comment cette approche est-elle venue ? 

Les histoires, la fiction, le roman. J’aime créer des personnages, me projeter dans des récits, je suis définitivement romanesque. J’ai réalisé un travail qui s’appelle « série télé » dans lequel j’ai associé des images en plusieurs séries. Chacune d’elle raconte des histoires. Je suis téléphage, cinéphage, consommatrice d’images. Je possédais un petit appareil qui me permettait de prendre des photos de tout, tous les jours. Avec ces images, j’ai crée mes petites fictions, une sorte de série télé de mon réel.

La superposition est venue ensuite, par l’envie de raconter mon histoire en une seule image. Un peu comme un film figé dans une seule image. J’ai eu le sentiment que la transparence, la superposition fonctionnait bien. Ca racontait une histoire visuelle assez forte et l’image n’est pas statique, elle parle.

Qu’est ce qui vous a inspiré dans le roman d’Antoine-Gaël ?

La vitesse de son écriture et puis la capacité du roman à s’éloigner, facilement et rapidement du réel.

En quoi le travail d’illustration d’un livre est-il particulier pour un artiste ?

C’est difficile et très important de ne pas tomber dans l’illustration justement. Il faut réussir à proposer quelque chose qui permette une rencontre entre les deux univers. Dans mon cas, le roman existait et on m’a demandé de créer des images. Je l’ai lu et l’univers, l’ambiance du livre m’a parlé. J’ai ouvert, du moins j’ai essayé d’ouvrir, une porte. J’ai tout de suite su que la transparence serait cohérente avec le côté ésotérique, fantasmé de la ville, de Paris selon A.G. Marquet. Les images sont venues très facilement et très rapidement.

Si vous deviez retenir une phrase du roman ?

« Les voyages souterrains nous en apprennent beaucoup sur nous-mêmes et sur la résistance de notre organisme à la laideur. »

Quelles sont vos lectures favorites ?

Les nouvelles. Je citerai, parce-que c’est ce qui me revient là maintenant : Chanson de la neige silencieuse de Hubert Selby Jr, les nouvelles de Raymond Carver, J’ai tué de Mikhaïl Boulgakov… mais il y a tellement d’autres choses que je lis et à lire.

Plutôt In ou Out ?

Out définitivement. Seul moyen de rester bon observateur des alentours.

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