Les suédois ne font pas que des bons polars, un premier roman réussi "Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire"

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Allan Karlsson n’est pas n’importe quel héros de roman. D’abord, il est centenaire, ce qui est suffisamment rare pour être souligné. Peu d’auteurs nous invitent (dès le titre du livre d’ailleurs) à suivre durant plus de quatre cents pages les péripéties d’un très vieil homme. Ensuite, Allan possède deux secrets d’une importance capitale : le secret de la fabrication de la bombe atomique et celui de la réalisation d’alcool à partir de lait de chèvre. Étrangement, c’est surtout le premier de ces deux secrets qui va retenir l’attention de bon nombre de ses contemporains.

Quand on ouvre ce roman, on est loin de se douter de tout ce qui nous attend. Jonas Jonasson nous dresse le portrait mi attendrissant mi comique d’un vieil homme un peu fatigué mais surtout très déterminé. Comme il n’a aucune envie de fêter ses cent ans en maison de retraite, en la triste compagnie de sœur Alice et de l’adjoint au maire, il enfile ses plus beaux chaussons et se sauve par la fenêtre de sa chambre, située tout de même au premier étage de l’établissement. Se rendant ensuite à la gare, il décide de voler une valise à un jeune homme pas très fréquentable dans l’espoir d’y trouver une paire de chaussures. C’est là que l’aventure commence : les péripéties invraisemblables et pour le moins comiques se succèdent à toute vitesse : une simple valise volée va conduire Allan à se lier d’amitié à un vieil homme kleptomane, à un vendeur de saucisses surdiplômés, à une éléphante prénommé Sonja, à un gansgter repenti (ou presque), ou encore au frère un peu benêt d’Albert Einstein…

A travers une écriture à deux voix très réussie, l’auteur nous entraîne à la fois dans le présent d’Allan mais aussi dans son passé, ce qui permet de mieux appréhender ce fameux héros qui, malgré ses cent ans, sait se tirer de toutes les situations et ne se fâche jamais (sauf à la mort de son chat Molotov) car après tout : « les choses sont ce qu’elles sont et seront ce qu’elles seront ». Allan possède un flegme à tout épreuve, rien d’étonnant pour cet ancien génie des explosifs, voire peut-être génie tout court.

Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire est un premier roman suédois très bien construit, qui offre au lecteur une bonne dose d’humour et de bonne humeur.

Elodie Soury-Lavergne

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