Charley Thompson a quinze ans, il vit avec son père volage et célibataire qui multiplie les boulots sans lendemain. Quelques temps après leur installation dans l’Oregon, Charley se retrouve seul et devient sans-abri. Livré à lui-même, il se réfugie dans la sellerie de l’hippodrome délabré où travaille durant l’été. Il se prend d’affection pour Lean on Pete, cheval de coures à la gloire passée, qu’une compétition ratée condamne à l’abattoir. Charley vole alors un pick-up pour rejoindre avec Lean on Pete sa tante qui, aux dernières nouvelles, habite dans le Wyoming.
Cheyenne en Automne est un roman formidable !
« Heureux qui comme Ulysse » à la sauce américaine, c’est un road-trip simple et pourtant si profond. Une rencontre sincère entre ce gamin en cavale, l’Amérique des grands espaces et les marginaux de l’American dream.
Le rapport singulier qu’entretien Charley à l’animal en regard du traitement qu’on impose chevaux, métaphore minimaliste d’une société dévoyée ne plombe pas le récit comme on pourrait s’y attendre. La critique est fine, le propos juste.
La quête initiatique dans laquelle nous entraine l’auteur passionne dès les premières lignes et bouleverse à chaque occasion. La faute à un style intelligemment épuré qui offre au roman toute sa richesse.
On frémit sans cesse pour ce héros que chaque pas rapproche un peu plus du gouffre et sa course en avant que rend folle nos perversions de faits-divers.
Cheyenne en Automne est un roman précieux de presque vrai. On y croisera Dan Fante, un peu de Mark Twain et de Kerouac. Que c’est bon !
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