Soutenir l'autre Israël, c'est soutenir les Palestiniens

Il est "marrant" de lire, entendre, dans la mouvance dite pro-palestinienne, que le seul Etat au monde qui serait monolithique serait Israël. Que le fait que ses différents gouvernements aient sciemment violé les droits les plus élémentaires des Palestiniens fait nécessairement des israéliens un peuple intrinsèquement mauvais.

On reconnâit volontiers aux opinions du monde entier leur caractère pluriel et contradictoire, à l'image de la société et des ses évolutions. Mais Israël échappe souvent à cette évidente clairvoyance.

LE problème est que derrière cette volonté manifeste de nier la place et le rôle des résistants israéliéns, se cache une haine d'Israël et/ou des juifs. Oui, oui ça existe.

De fait, il est facile de faire fi de la réalité en essayant de se convaincre que seuls les Palestiniens luttent pour leurs droits. Les internationaux qui viennent les soutenir parcourent "aisément" des milliers de kilomètres quand les israéliens, à les en croire, ne sont pas fichus de traverser le 1er checkpoint venu pour aller à la rencontre de leurs voisins.

Cette vision, qui n'est pas celle des Palestiniens, répond à des considérations politiques étrangères au sort de ce peuple. Des considérations qui émanent d'ailleurs souvent d'individus qui n'ont jamais foulé le sol palestinien, et encore moins le sol israélien, considéré comme "impur".

Il n'est jamais inutile de rendre hommage à cet autre Israël dont la grande majorité des Palestiniens et de leurs soutiens sont fiers.

On ne dira jamais assez le travail formidable que réalise une association comme Btselem, notamment dans les lieux les plus "tendus" de la Cisjordanie occupée comme à Hébron.

Sans oublier le courage des soldats israéliens qui refusent de servir dans les territoires palestiniens occupés, les Refuzniks. L'un deux, Yoni BEN ARTZI a payé ce refus par une peine de prison ferme. L'association New Profile recense d'ailleurs les cas les plus récents.

Toujours dans l'armée, l'association Breaking The Silence, qui regroupe des anciens militaires, dénonce quotidiennement les exactions de Tsahal.

La société israélienne est plus complexe et ne se résume pas à une bande fous furieux droitiers et religieux comme certains voudraient nous le faire croire. Non, le problème n'est pas religieux, n'en déplaise au barbus des deux camps.

Il faut rappeler que dans les mobilisations actuelles, comme la lutte sans relâche cotnre la judaisation de Jerusalem, la majorité des manifestants vient d'Israël, que ce soit de Tel Aviv ou d'ailleurs, laics ou non, et ce chaque semaine pour dénoncer la complaisance des autorités israéliennes eu égard à la spoliation organisée des arabes résidant à l'Est. A Sheikh Jarrah, chaque semaine se joue les futurs inextricablement liés des Palestiniens et des Israéliens.

Ces militants de l'autre Israël font preuve d'un courage sans borne. Ils sont souvent méconnnus et méprisés à l'extérieur et souvent rejetés par une partie de la société israélienne.

Sur place, c'est pourtant ensemble qu'ils militent loin des clichés.

C'est pourquoi, toute personne sincèrement engagée dans la juste cause du peuple palestinien est nécessairemet appelée à travailler avec les progressistes israéliens sous peine de se priver d'une énergie et d'une vision utiles pour mener à bien la résistance face à l'occupation

 

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