À Aubagne, élus et usagers pour une autre politique de l'eau

Il faut se le dire : le secteur privé répond à la demande quand le public faillit, et oui, le public peut faillir.  Ce n’est pas quelque chose qu’on a l’habitude d’entendre, surtout, j’ai envie de dire, dans ces forums alternatifs, qui accueillent élus et militants de gauche. Pour ce qui est de la gestion publique, si elle est une condition nécessaire, ce n’est jamais une condition suffisante, et c’est là que les élus, mais aussi les militants et usagers doivent être vigilants afin de s’assurer de l’efficience de la maitrise publique. On ne peut pas nier la montée en puissance des opérateurs privés de par le monde. Tout comme il est indéniable que se multiplient les mouvements citoyens pour une réappropriation publique et citoyenne de l’eau. Tout l’enjeu est de savoir quelle tendance l’emportera, et quand…. Il est en cela important de s’appuyer sur les expériences existantes, de les vulgariser. Il faut, partout, impliquer les citoyens et les usagers dans la gestion du service de l’eau qui est un service de proximité. Il a été rappelé lors des échanges de cette journée, et à plusieurs reprises, que l’eau, indispensable pour le monde du vivant, est une préoccupation croissante. Elle doit dans le même temps convaincre chacune et chacun d’entre nous que l’eau doit échapper à toute emprise du secteur privé. A titre d’exemple, le retour de Paris en régie publique a été exposé. Rappelons qu’après une parenthèse de 10 années de gestion privée, - à la faveur d’un partage de en deux de Paris entre Suez et Veolia -, le retour en régie de Paris a notamment été marqué par une vraie implication des usagers et personnels. Ils ont par exemple tous voix délibérative sur l’avenir du service public local, ce qui marque une avancée notable, et qui correspond aux revendications des usagers pour un service public de l’eau démocratique et transparent. Même si c’est évident, rappelons que la gestion publique n’est qu’une question de volonté politique. Pour peser, les opérateurs publics doivent se regrouper et se faire entendre, comme le font depuis des années les grands groupes privés. Sauf que dans le cas des opérateurs publics, cette entente, cette mise en réseau, vise l’intérêt général. C’est le sens de la création de Acqua Publica Europea qui veut démontrer que la gestion publique peut être crédible, mais mieux : efficace. Peut-être est-il possible de dire que la lutte public/privé est dépassée dans la forme qu’on lui connaissait. Je ne partage pas forcément cet avis, car la guerre de l’eau et son mode de gestion sont férocement idéologiques. Néanmoins, ce qui compte, à ce jour, afin de convaincre du bien-fondé de la gestion publique, réside dans la nécessite de développer les atouts d’un tel mode de gestion et son efficacité, notamment sociale. Il apparait par ailleurs utile de définir ce qu’est ou ce que devrait être une gestion publique, avec notamment, la place de la participation citoyenne à la gestion. Il a été rappelé que la gestion publique a aussi été inscrite dans la Constitution de certains Etats, ce qui la rend incontournable et ce qui empêche les majors de l’eau de nuire. L’année 2013 sera l’année internationale de l'eau et de la coopération ? Riccardo Petrella propose une réflexion sur la coopération véritable avec nos partenaires, et sur la notion de gratuité. Logiquement, lors de cette journée, nous avons été unanimes pour dénoncer ce que Riccardo Petrella a appelé la monétisation de la nature l’imposture du Conseil mondial de l'eau qui ne représente pas le monde entier, mais seulement les intérêts des grands groupes privés. Cette imposture n’est que le fruit de l’abdication des Nations Unies et des gouvernements devant les énormes enjeux de l’eau. Les Etats ont abdiqué et ont oublié trois choses essentielles : -    Pas d'humanité sans vivre ensemble -    Pas de bien commun sans humanité -    Pas de ville sans citoyens

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