Palestine: hommage d’un ex-membre du PCF à ses infaillibles camarades.

Une fois n’est pas coutume, de nombreux évènements viennent rappeler que le combat légitime pour la reconnaissance des Droits du peuple palestinien implique des acteurs aussi nombreux qu’hétéroclites.

Une fois n’est pas coutume, de nombreux évènements viennent rappeler que le combat légitime pour la reconnaissance des Droits du peuple palestinien implique des acteurs aussi nombreux qu’hétéroclites.

Une manifestation à Paris ou en province suffit pour prendre le pouls et percevoir l’arc en ciel constitué par les nombreux soutiens aux Palestiniens. Des organisations syndicales aux partis politiques, en passant par les collectifs locaux et associations, qu’elles soient culturelles, politiques ou clairement cultuelles, la diversité des acteurs est patente.

Paradoxalement ou pas, la mayonnaise prend et ces collectifs démontrent qu’ils sont capables de travailler ensemble sur la base d’une plateforme commune, qui ne peut être que politique.

La flottille pour Gaza est le dernier exemple en date illustrant cette formidable solidarité politique. En effet, dans le comité d’organisation figurent des organisations connues pour leur indéfectible soutien au peuple palestinien (AFPS, PCF, CGT, MRAP …) et d’autres moins connues, car impliquées sur d’autres champs, politiques, culturels voire cultuels. Pourtant, certains de ces groupes feront partie de la flottille, au même titre que le NPA, le PCF, Solidaires ou encore EELV.

Les collectivités locales, elles, mènent un combat souvent depuis des décennies, pour l’arrêt de la colonisation, la fin du blocus, en un mot contre la situation faite aux Palestiniens.

Souvent, ces villes ont traduit leur engagement politique à travers des protocoles de coopération, avec des villes palestiniennes, des camps de réfugiés palestiniens ou encore avec des villes israéliennes progressistes.

Depuis des années, un lien politique fort unit de nombreuses collectivités françaises avec cette région du monde.

Sans conteste, ces positions traduisent un courage politique majeur, quand la plupart des élus et des pays européens préfèrent de loin fermer les yeux et/ou verser des aides financières de circonstance.

Combien savent que de très nombreuses collectivités, et pas seulement en Seine-Saint-Denis, ont des protocoles de coopération avec des villes de Palestine et des camps de réfugiés palestiniens en Cisjordanie, à Gaza, au Liban, en Syrie, ou encore en Jordanie ? Combien encore savent que certaines d’entre elles travaillent avec des villes progressistes israéliennes ?

Trop peu en réalité.

Pourtant, ces élus et ces collectivités mériteraient davantage de visibilité - sans parler de reconnaissance-, pour les positions salutaires qu’ils prennent et qui leur valent de très nombreux remerciements des Palestiniens et autant de pressions et menaces venant de la droite la plus dure, et des plus fervents défenseurs de la politique d’Israël.

Aussi, rappelons que ces villes sont parmi les premières à avoir protesté lors du siège de la Mouqata'a, ou encore lors du massacre de Gaza ou contre l’incarcération arbitraire de Salah HAMOURI et de Marwan BARGHOUTI. Tout cela le plus souvent à rebours de la pensée médiatico-politique dominante et des positions officielles françaises, à gauche, comme à droite.

Dès lors, ces collectivités ont naturellement soutenu l’initiative de la flottille pour Gaza. Une campagne a d’ailleurs été lancée en leur direction « 2oo communes donnent 200 euros pour Gaza ».

L’idée était donc que ces collectivités aident financièrement, et soutiennent donc politiquement la flottille.

Souvent, ces villes ont versé davantage, en ne demandant évidemment jamais rien en échange.

Pourtant, la conférence de presse donnée à Marseille sur le bateau Français aurait pu souligner davantage le soutien politique et financier des élus qui engagent leurs collectivités. Ceci est incontestablement un acte manqué.

Il est vrai que dresser la liste des collectivités qui ont pris une telle décision reviendrait à mettre en exergue que la quasi-totalité relèverelève d'une même obédience politique.

Comme un fait exprès, le seul parti de gauche représenté à Marseille par son principal dirigeant ce 18 juin était le parti dont se réclament très majoritairement ces collectivités.

Le dire, ce n’est pas faire la promotion de cette organisation, c’est juste dire la réalité et dire que le courage politique sur la Palestine est encore trop à géométrie variable et que la flottille ne doit pas gager les autres enjeux de la question palestinienne, sur lesquels beaucoup des organisations présentes sur Marseille brillent souvent par leur absence.

Il faut donc que le travail de ces villes, de ces élus soit reconnu pour ce qu’il est : un apport indéniable, un appui formidable pour les luttes en faveur des Droits humains fondamentaux, de tous les peuples en général, et du peuple palestinien en particulier.

 

 

Madjid MESSAOUDENE

Conseiller municipal de Saint-Denis

 

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