Primaires socialistes: à la recherche de la gauche perdue

Quelle est la première chose qui vous vient quand on vous énumère les nombreux candidats socialistes aux primaires ? Moi, c'est le mot «décalage abyssal», bon, ça fait deux mots, mais j'y tiens.

Quelle est la première chose qui vous vient quand on vous énumère les nombreux candidats socialistes aux primaires ? Moi, c'est le mot «décalage abyssal», bon, ça fait deux mots, mais j'y tiens.

Entendre « décalage abyssal » comme le fossé qui les sépare du peuple, la fracture d'avec les couches populaires, bref, le fait que s'affubler de l'adjectif socialiste ne suffit plus depuis longtemps.

Papandréou est socialiste, Tony Blair aussi, et tous deux sont des amis de nos socialistes français. Est-ce que cela fait de nos socialistes des traitres aux idéaux de gauche ? Des suppôts sinon du capital, de la finance et de ses valets ? Tout cela au moment où les dirigeants socialistes européens ne pensent qu'à plaire aux agences de notation ? Joker.

Revenons à un autre des objets de ce billet. En effet, ce billet à de multiples objets, presque autant que les courants au sein du PS.

Quel est celui, hormis peut-être Valls, qu'on ne voit pas depuis au moins 20 ans ? Or, tous ces prétendants à l'onction de gauche suprême, ne jurent que par le changement et le renouvellement, qu'aucun d'entre eux n'a véritablement défendu ou pratiqué.

Tous parlent de changement de politique, mais quel est leur bilan, là où ils sont ou encore là où ils ont exercé des responsabilités, parfois ministérielles ?

Entre nous, il ne manquait plus que Fabius, et là restait plus qu'à se pendre.

Plus sérieusement, rien, dans leurs déclarations ne permet de les différencier vraiment les uns des autres. Ah, si, Valls est tellement à droite que ça finit par se voir. Mais pour les autres, à part taper sur le gouvernement, bien malin serait celui ou celle qui trouverait dans le programme du PS, qui est supposé être mis en œuvre en cas de victoire, des éléments permettant de qualifier le programme du PS de gauche.

Il est en outre aisé de prendre le PS en flagrant délit de mensonge ou de plagiat du gouvernement sur le plan économique et social. Ainsi, aucun dirigeant concourant aux primaires ne reviendra sur la réforme des retraites qu'ils disent tous avoir combattue, tout en admettant qu'il faudra cotiser plus pour ....

Pire, certains trouvent que la "règle d'or", manière de condamner le pays à l'austérité et à la casse des services publics, n'est pas une si mauvaise idée que ça.

Si on veut « rire » un peu, on reprend la position du PS sur la Libye, et son alignement guerrier sur les positions atlantistes de Sarkozy. Ainsi, ils se rendent complices de la stratégie qui vise à se partager le marché de la reconstruction à venir dans ce pays.

Ne parlons pas de la Palestine, ce gros mot pour les socialistes, qui ne soutiennent absolument pas l'initiative visant à faire entrer l'Etat palestinien dans l'ONU. Ces mêmes dirigeants socialistes qui se chopent une crise d'urticaire dès qu'ils ont sous les yeux une motion visant à condamner les exactions commises par les dirigeants israéliens.

Nous sommes d'ailleurs toujours en attente de la condamnation des récents bombardements visant des civils à Gaza.

Assurément, le PS semble véritablement obsédé par une seule et unique chose : être la seule formation à la gauche de l'UMP. Le souci, c'est qu'être à gauche de l'UMP ne signifie pas forcément être de gauche.

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