Non, les maghrébins et les musulmans n’ont pas à s’excuser.

La condamnation des abominations commises à Montauban et Toulouse ne suffiront pas ne suffiront jamais.

Malgré le recul que l’on est en droit d’attendre après des tels actes, je ressens toujours ce malaise, à savoir que les maghrébins et les musulmans (j’en profite pour préciser qu’on peut être l’un sans l’autre et vice-versa n’en déplaise aux imams et rabbins) sont tous des suspects potentiels. D’un avocat digne d’avoir sa carte à la Droite populaire, en passant par la dealeuse officielle de haine Marine Le Pen, tous se demandent « combien de Mohamed Merah » se baladent tranquillement dans le pays. Un sentiment post-11 septembre est né. Quoi qu’on fasse ou qu’on dise, on sera toujours les congénères d’un « dégénéré », d’un « terroriste islamiste radical »…

La différenciation à géométrie variable.

On nous a vendu l’union nationale derrière le Président UMP. On nous a donc demandé de faire front derrière le gouvernement le plus à droite depuis Vichy. Je suis censé, moi, faire corps derrière un Président et un gouvernement, qui à longueur de journées n’ont qu’une obsession : désigner l’étranger et le fils d’immigré, comme indésirables de la société. Je vous fais grâce des nombreux dérapages verbaux contrôlés des Besson, Hortefeux et Guéant, la lecture de cet article serait rendue fastidieuse.

Ainsi, donc, on me demande d’appuyer le Président pour que ces actes ignobles lui servent bel et bien de tremplin pour nous refaire une campagne ultra-sécuritaire, seul moyen de masquer ses patents échecs.

Ainsi, donc, on me demande de soutenir le Président qui raconte face caméra les moindres détails de l’exécution de la jeune fille à Toulouse.

Ainsi, donc, on me demande d’aller marcher contre les racismes. Je considère qu’il n’y a qu’un racisme, celui qui s’attaque à l’autre. Différencier, c’est déjà hiérarchiser.

Ainsi, donc, on me demande d’aller marcher aux côtés d’un Dominique Sopo, qui hier, parle des victimes en citant les « militaires de Montauban, et les victimes juives de Toulouse ». Un mort est un mort, une vie est une vie, quelle que soit la confession ou l’ethnie de la victime.

Ainsi, donc, on a entendu le Grand Rabbin de France demander « aux musulmans modérés de se démarquer de ces fanatiques et de ceux qui méprisent Israël ». D’une, je croyais qu’on était en France, et qu’il ne fallait pas importer le conflit israélo-palestinien. De deux, au nom de quoi les musulmans devraient-ils faire amende honorable et s’excuser pour ce qu’a fait un type complètement dingue au seul motif qu’il serait musulman ?

N’est-il pas déjà évident que les musulmans, comme les juifs et les chrétiens condamnent ce qui s’est passé à Montauban et Toulouse ? Supposer le contraire serait dangereux et loin de la non-stigmatisation chère aux yeux du Président et des soi-disant représentants des cultes, CRIF et CFCM, sans oublier l’inénarrable Imam de Drancy en tête, qui ne rate jamais une occasion de ridiculiser les musulmans à la télévision.

J’ai d’ailleurs noté que le Grand Rabbin de France a proposé aux musulmans de manifester contre l’islam radical et le terrorisme, avec la participation des juifs. Et pourquoi pas en soutien à Israël, Etat qui ne respecte aucune des résolutions de l’ONU ? Hypocrisie, instrumentalisation, indécence, voilà ce qui a caractérisé ces derniers jours cette campagne électorale, qui loin d’être suspendue, a donné lieu à une surenchère démago-sécuritaire, dont Sarkozy et ses nombreux valets ont décidément le secret.

Tout récemment, Sarkozy a rendu officiel le délit de faciès en inventant le concept de ‘musulmans d’apparence’. Ceci en dit long, pour les naïfs qui en doutaient encore, sur le mépris qu’à ce pratiquement Président pour des millions de nos concitoyens

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.