Sur le texte "Il ne fait pas chaud pareil pour tout le monde" publié par JLM

La colère que m'inspire ce discours peut contribuer à choquer. J'espère simplement contribuer à un sursaut de solidarité et de bienveillance entre nous car le travail à réaliser est immense et nécessite la participation de tous ceux et celles qui rejettent une perspective politique dangereuse qui nous serait assignée ou finalement imposée par l'échec d'une recomposition à gauche.

Le lien vers le texte en question : https://melenchon.fr/2019/06/28/fait-pas-chaud-pareil-pour-tous/

En premier lieu, critiquer le mouvement syndical par le truchement du secrétaire général de la CGT est insultant.
C'est faire fi de ce qui se passe sur le terrain et mépriser ceux et celles qui s'épuisent à "mettre des coins" à la contre-réforme utra libérale dans un paysage syndical divisé et affaibli.
C'est réduire la multitude des luttes locales (et elles sont nombreuses, rien qu'à Rouen) à une figure patriarcale contestée...Outre une désaffection des travailleurs et travailleuses, l'organisation syndicale est mise face à de nouvelles formes de mobilisation d'un mouvement social d'une complexité inédite. En lieu et place d'un appel à la convergence des luttes et à la construction d'un mouvement constituant, ce discours disqualifie l'action syndicale dans une rhétorique l'assignant à une position subalterne au politique.

Par ailleurs, ce texte autocentré (états d'âme, intrigues, "nous" et "je") me choque car il ne parle pas de ceux et celles qui sont dans les GA : pas une seule fois les insoumis-es ne sont cité-es, militant-es dans les asso etc. qui font vivre le mouvement, qui ont mené campagne dans un contexte particulièrement difficile sauf lorsqu'ils et elles sont citées, "mises au service de prétendu-es démocrates", mais par qui ?

L'essentiel de ce discours tourne autour d'un microcosme médiatique intrinsèquement violent et aux temporalités en rupture avec celles de la construction d'un mouvement social et écologique, solidaire et féministe.
Allons-nous faire une campagne municipale centrée sur le procès des perquisitions ou au service de règlements de compte entre "personnages qui n’ont même pas pris le temps de (leur) [nous] dire merci. Élus par personne [au sein du mouvement], n’ayant jamais rendu aucun compte sur leurs activités" ?
De quoi parle-t'on ? De démocratie ? ou de féodalité et de félonie ??? Quels archaïsmes ?

"Fin du mois, fin du monde, même combat !" ne peut s'accommoder d'un écran énergivore centré sur les intrigues d'un pouvoir servi par la sphère médiatique dominante. L'urgence de l'alternative concrète et la nécessité de la reconstruction d'un lien social brisé ou marchandisé n'est plus à prouver. Si un "clic" peut être utile, il est bien insuffisant à reconstruire un lien social qui ne peut se fonder sur la haine de l'Autre...

Ce texte n'est pas un texte écrit pour donner espoir et ouvrir au rassemblement, il enferme la FI dans un "je - nous" hargneux, défensif et fermé à la critique qui pourtant, est nécessaire, s'il s'agit de construire un mouvement démocratique.

 

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