Les lumières sont noires, barricades et voitures flambent
Plus personne ne parle, les adolescents crient, hurlent
L'heure est à la destruction, au vol de pavés
Dans l'espoir de casser, de blesser et de tuer
Entre les magasins qui flambent, la rue dévastée
Dans le relent âcre du béton, de pneus brûlés
Trois jours où ça reprend quand la nuit cache les murs
Chacun a peur dans les quartiers de la fracture
Ils parlent un instant d'un enfant tué, sans raison
Il est mort, d'avoir refusé d'obtempérer
Selon eux la police rejoue la même chanson
Sur une vidéo qui ne cesse de circuler
Si c'est là la raison de ce nouvel état
Rien ne justifie violence et ces destructions
Dans leurs quartiers défavorisés, sans emploi
On pose la question d'une autoflagellation
Dans une incompréhension de toute la Nation
Des voix nous rassurent en disant : tout passera
Patiemment on veut cesser d'être témoin de ça
Toute cette vengeance fait mal à ma France qui vacille
Souillée des manques de liberté, égalité
Fraternité. Trop tard, on a pris la Bastille !