Il y a quatre ans un monstre était tombé, renversé par l'espoir et la ténacité de la rue, voulant chasser les nuages de corruption et la misère incrustée dans la terre.
Puis, la roue de la folie est poussée d'un coup, dans la même avidité, par deux larrons en foire: un porteur d'étoiles et l'autre d'une ambition démesurée, se plaisant au tir de fête foraine sur les manifestants venus en paix. Mais, la couverture du pouvoir est difficile à partager. Chacun tire de son côté. Le commerce des armes, de l'or ne font pas les bons amis.
Finalement, retentissent en ville explosions, cris; la couverture s'est déchirée. Milice privée contre armée, bruits de bottes, feu, les armes parlent, hurlent et chaque uniforme clame ses destructions, ses avancées: radio, aéroport, casernes, palais.
Dans ce chaos la population crie sa frayeur, silencieuse elle se cache barricadée sous les matelas. Epouvante devant ces sans foi ni loi qui oublient les interdits du mois de jeûne, même pas fini, sourds aux appels à la prière des mosquées désertées; car qui oserait traverser la rue pour aller prier?
Les roues de la folie tournent dans les ornières du ciel, éclaboussent de sang la face de Dieu en ce mois de Ramadan.