Le Fonds fédéral d'indemnisation des épargnants américains est à sec

Comment l'Etat américain compte-t-il renflouer le Fonds d'indemnisation des déposants, le Federal deposit insurance corporation (FDIC), alors que des centaines de banques locales et régionales sont au bord du gouffre aux Etats-Unis et que cent d'entre elles ont déjà sombré?

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Comment l'Etat américain compte-t-il renflouer le Fonds d'indemnisation des déposants, le Federal deposit insurance corporation (FDIC), alors que des centaines de banques locales et régionales sont au bord du gouffre aux Etats-Unis et que cent d'entre elles ont déjà sombré?

 

Et alors même que 460 institutions bancaires, selon le site Calculated Risk, sont prêtes à s'effondrer. L'inquiétude gagne donc les dirigeants de cette institution fédérale créée en 1933 par le président Franklin D. Roosevelt pour garantir les comptes bancaires des américains. « A court terme les faillites peuvent êtres douloureuses. Mais une banque qui n'est pas loin de s'écrouler ne va pas prêter et ce n'est pas bon pour l'économie », a déclaré Sheila C. Bair, présidente de la FDIC.

 

Surtout, l'organisme vient d'annoncer qu'à compter de la fin du troisième trimestre 2009, il sera dans le rouge. «D'après nos estimations, le solde du fonds DIF (Depositors insurance fund) et du taux de réserve, au 30 septembre 2009, sera négatif.» Pour la première fois depuis le déclenchement de la crise il y a deux ans, les déboursements de la vénérable institution sont plus importants que les cotisations des banques adhérentes, sa seule source de revenus.

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Car le rythme des disparitions s'accélère. En 2008, le fonds avait été sollicité pour 25 faillites bancaires, et seulement 10 pour les cinq années précédentes. La taille des victimes est également plus conséquente. La chute inattendue de la maison «Georgian bank», qui, fin septembre, est venue plomber les comptes, n'est peut-être que la première d'une lourde série. La FDIC estime que l'effondrement de cette banque, considérée comme sûre pas plus tard qu'en juin, et le remboursement de ses épargnants vont lui coûter environ 900 millions de dollars, soit 45% de ses actifs financiers.

 

En mai l'agence gouvernementale estimait que d'ici à 2013 ses pertes pourraient atteindre 70 milliards de dollars. Il y a une semaine, les fédéraux ont révisé ce chiffre à la hausse. Ce sont aujourd'hui 100 milliards de dollars qu'il faudra trouver pour colmater les brèches.

 

Comme par un fait exprès, rien n'a été prévu en cas de coup dur et les caisses sont aujourd'hui vides. Début septembre, il restait 13 milliards de dollars en caisse représentant un taux de réserve de 0,27% des dépôts assurés par l'organisme. Un chiffre bien en deçà du minimum de 1,15% requis par le Congrès américain.

 

 

Alors comment faire pour remplir à nouveau les caisses? Là encore, la bataille est rude entre banquiers qui ne veulent pas payer plus et les agents fédéraux qui ne veulent pas que les contribuables soient, ici aussi, mis à contribution. Pour l'instant, la FDIC a annoncé qu'elle va réclamer des avances sur recettes à ses banques pour les trois années à venir. Ensuite, si ces sommes ne suffisent pas, elle pourra toujours augmenter les primes d'assurances payées par ses adhérentes. L'option de recourir à la ligne de crédit de 500 milliards de dollars disponible auprès du Trésor américain, et donc des citoyens américains, n'a pour l'instant pas été déclenchée.

 

Mais le problème reste entier tant que l'hémorragie bancaire se poursuit. Ces perfusions qui viennent gonfler ses liquidités ne reconstituent en rien le capital de la FDIC, seul coussin de sécurité pour des millions d'épargnants aux Etats-Unis.

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