« La Torture US est le meilleur outil de recrutement pour Al-Qaida »

L’ancien vice-président le dit toute honte bue « Je n’ai aucun regret » sur les méthodes d’interrogatoire illégales utilisées lors des présidences de George W. Bush.

Former Interrogator Rebukes Cheney for Torture Speech © Brave New Films
L’ancien vice-président le dit toute honte bue « Je n’ai aucun regret » sur les méthodes d’interrogatoire illégales utilisées lors des présidences de George W. Bush. Dick Cheney affirme même que plusieurs centaines voir plusieurs milliers de vies américaines (sic) ont ainsi été sauvées grâce à ce qu’il a redéfini comme des « méthodes interrogatoires avancées ». Faux, lui rétorque Matthew Alexander, interrogateur militaire qui depuis 2006 a conduit plus de 300 interrogatoires depuis 2006 en Irak et en a supervisé plus de 100. « La torture ne sauve pas de vies, elle nous en coûte ».

 

Cet ancien pilote, 14 ans dans l’US Air force explique comment la vue d’une photo d’un musulman soumis à la torture suffit à les faire basculer dans la violence, leur faire quitter leur pays pour se rendre en Irak et se battre pour ce qu’ils considèrent être une cause noble. « Dans les prisons où j’ai conduit les interrogatoires, les combattants étrangers arrêtés affirment qu’ils ont choisi cette voie en réaction aux abus pratiqués à Abou Ghraib et Guantanamo ». Et à 90% ces combattants étrangers commettent des attentats suicides et nous coûte des centaines, voire des milliers de vies en Irak, répond-il à Dick Cheney, en écho.

 

Son témoignage est d’autant plus convaincant qu’il a dirigé l’équipe chargée de trouver l’ennemi numéro un des Etats-Unis : Abou Moussab Al Zarqaoui, ancien leader d’Al-Qaida en Irak. « Souvenez-vous, l’un des objectifs d’Al-Qaida n’est pas juste d’attaquer les Etats-Unis mais de prouver que les Etats-Unis sont hypocrites et que nous ne sommes pas à la hauteur de nos principes. Et nous jouons leur partition. La torture et les sévices sont le signe de l’échec du pouvoir. En tant que leaders, est-ce qu’il n’est pas de notre ressort de faire des choix rationnels en dehors de toute émotion, dans les jours sombres ? Est-ce que ce n’est pas précisement pour cette raison que la responsabilité nous en incombe ? ».

 

 

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