Maison du Peuple de Saint-Nazaire
Abonné·e de Mediapart

4 Billets

0 Édition

Billet de blog 22 janv. 2019

La Maison du Peuple de Saint-Nazaire répond à l'appel de Commercy

Les gilets jaunes de la Maison du Peuple de Saint-Nazaire répondent à l'appel de Commercy, pour une Assemblée des assemblées le 26 janvier.

Maison du Peuple de Saint-Nazaire
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

La Maison du Peuple de Saint-Nazaire répond à l'appel de Commercy © Maison du Peuple Saint-Nazaire

Depuis le 17 novembre dernier, les Gilets Jaunes ont investis les ronds-points et manifestent dans les rues afin de faire entendre leur voix. Partout en France, les mobilisations continuent et prennent des formes variées. Contrairement à ce qu'imaginaient l'Etat et bon nombre de médias, le mouvement ne s'essouffle pas, bien au contraire !

Le président Macron continue à mépriser le peuple, de part ses décisions et ses paroles, comme jamais vu auparavant. Au-delà de ce mépris et des injustices criantes que cet Etat maintient et accentue, une oppression considérable s'exerce sur notre intégrité physique lors des manifestations, sur les ronds-points et ailleurs, pour tenter de faire taire ce mouvement de révolte. Les forces de l'ordre de ce pays sont devenus les « forces du désordre », créant un climat volontairement anxiogène lors de chaque mobilisation des gilets jaunes. Aujourd'hui nous ne comptons plus le nombre de blessés, et nous déplorons celui des morts.

Nous ne pouvons plus rester sans réponse face à un régime nous privant de nos droits les plus élémentaires : celui de vivre dignement sans craindre le lendemain, et celui d'exprimer notre mécontentement face à un système qui ne nous convient plus, et ce, dans un pays censé être celui des « droits de l'Homme ».

À Saint-Nazaire et ses alentours ( Saint-Brévin, Donges, Trignac....), des gilets jaunes sont actifs depuis le début du mouvement. Des ronds-points ont été et sont encore occupés, jour après jour, nuit après nuit. Nous occupons également depuis le 24 novembre un bâtiment que nous avons renommé la Maison du Peuple. Ici, des gens vivent, s'organisent, s'entraident, apprennent à faire ensemble, et redonnent sens aux mots fraternité, solidarité et démocratie.

Nos manières de nous mobiliser sont nombreuses et les blocages de points économiques stratégiques, dont notamment la raffinerie TOTAL de Donges, ont fait passer le message clair que nous sommes nous-mêmes en mesure d'exercer un pouvoir non-négligeable sur le système économique.

Mais ces mobilisations ne sont pas sans conséquences. À Saint-Nazaire, comme dans beaucoup d'autres villes, la répression judiciaire s'ajoute aux violences policières qui a fait des blessés graves à Nantes, dont deux membres de la Maison du Peuple. De plus, cinq de nos gilets jaunes sont actuellement sous procédure judiciaire suite à la manifestation du 5 janvier dernier. L'un d'entre eux a déjà été lourdement condamné et les 4 autres sont en attente d'un procès qui se déroulera dans les prochaines semaines.

Pour les soutenir, nous venons d'ailleurs de lancer un appel à solidarité, grâce à une cagnotte, afin de récolter des fonds qui couvriront leurs frais judiciaires.

Les difficultés financières sont aussi un moyen pour l'Etat de réduire le mouvement des Gilets Jaunes au silence, mais grâce à la solidarité et au soutien de toutes et tous, nous ferons tout pour qu'il n'en soit rien, et nous vous en remercions d'avance.

Pour continuer à nous mobiliser et à tenir bon face à la répression, il nous faut réunir nos forces : « seul, on va plus vite, ensemble, on va plus loin ! ».

L'appel d'une « assemblée des assemblées » les 26 et 27 janvier prochains, envoyé par des gilets jaunes de Commercy va parfaitement dans ce sens et nous, la Maison du Peuple de Saint-Nazaire, répondons présents !

Montrons que les Gilets Jaunes sont de plus en plus organisés, de moins en moins vulnérables, de plus en plus solidaires et déterminés !!

Dans ce système où les valeurs sont inversées, où « l'économie n'est plus au service de l'homme mais où l'homme est au service de l'économie », à nous d'inverser cette tendance aujourd'hui bien ancrée, et qui empêche une trop grande majorité d'entre nous de vivre dignement, sans s'inquiéter du lendemain.

Nous remercions donc les gilets jaunes de Commercy pour cette initiative et encourageons un maximum de Gilets Jaunes à nous rejoindre.

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal
Les Ukrainiens écartelés entre la dureté des batailles, les tourments de l’exil et la peur de rentrer
L’Ukraine, qui entre dans son quatrième mois de guerre, a pour le moment échappé au pire : l’invasion totale du territoire national. Mais le pays reste déchiré, entre celles qui ont fui à l’étranger la menace russe, celles qui rentrent d’un exil forcé, parfois dans une grande détresse matérielle, et ceux qui se battent, à l’est et au sud.
par Mathilde Goanec
Journal — France
Législatives : dans le Sud, le pas de deux des identitaires et du RN
À Nice, Menton et Aix-en-Provence, trois figures des identitaires se présentent aux élections législatives sous les couleurs d’Éric Zemmour. Le RN présente face à eux des transfuges de la droite et fustige leur radicalité, alors qu’ils étaient membres du parti quelques mois plus tôt.
par Lucie Delaporte
Journal — France
Redon : un mutilé, les fautes du ministère de l’intérieur et la justice qui enterre
Le 19 juin 2021, en Bretagne, lors d’une opération menée pour interdire une rave party, Alban, 22 ans, a eu la main arrachée par une grenade tirée par les gendarmes. Le 11 mars 2022, le parquet de Rennes a classé sans suite. Pourtant, l’enquête démontre non seulement la disproportion de la force mais les responsabilités de la préfecture et du ministère de l’intérieur. Mediapart a pu consulter des SMS et des appels aux pompiers, accablants, enterrés par le procureur de la République.
par Pascale Pascariello
Journal
La majorité se montre embarrassée
Après les révélations de Mediapart concernant le ministre Damien Abad, visé par deux accusations de viol qui ont fait l’objet d’un signalement à LREM le 16 mai, la majorité présidentielle peine à justifier sa nomination au gouvernement malgré cette alerte. La première ministre a assuré qu’elle n’était « pas au courant ».
par Marine Turchi

La sélection du Club

Billet de blog
Déblanquérisons l'École Publique, avec ou sans Pap Ndiaye
Blanquer n'est plus ministre et est évincé du nouveau gouvernement. C'est déjà ça. Son successeur, M. Pap Ndiaye, serait un symbole d'ouverture, de méritocratie... C'est surtout la démonstration du cynisme macronien. L'école se relèvera par ses personnels, pas par ses hiérarques. Rappelons ce fait intangible : les ministres et la hiérarchie passent, les personnels restent.
par Julien Cristofoli
Billet de blog
L’Ecole et ses professeurs à bout de souffle : urgence vitale à l'école
Nous assistons aujourd’hui, dans un silence assourdissant, à une grave crise à l’Ecole. Le nombre des candidats aux concours de l’enseignement s’est effondré : ce qui annonce à court terme une pénurie de professeurs. Cette crise des « vocations », doit nous alerter sur une crise du métier et plus largement sur une crise de l’Ecole.
par Djéhanne GANI
Billet de blog
Recrutement enseignant : une crise des plus inquiétantes pour l’avenir de l’école
La crise de recrutement enseignant atteint cette année un niveau largement plus inquiétant que les années précédentes dont les conséquences seront gravissimes pour le service public d’éducation. Elle témoigne, au-delà de ses dénis, de l’échec de la politique de Jean-Michel Blanquer.
par Paul DEVIN
Billet de blog
Lycéennes et lycéens en burn-out : redoutables effets de notre organisation scolaire
La pression scolaire, c’est celle d’une organisation conçue pour ne concerner qu’une minorité de la jeunesse Lycéennes et lycéens plus nombreux en burn-out : une invitation pressante à repenser le curriculum.
par Jean-Pierre Veran