Dieu, gloire et inculture, un cocktail Molotov pour un précipité civil (et non militaire)

L'habit ne fait pas le moine, comme la Fleur ne fait pas la Culture; ces goals-haine n'empêchent pas de marquer l'environnement, et de même des périphrases euphémisantes ne rendront pas meilleur le système éducatif. On le sait, pas parce qu'il est toujours facile de critiquer et bien qu'il soit plus difficile de considérer l'ampleur des dégâts. En observant ces exemples comme tant d'autres - la liste est longue, hélas - la question devient: quelle est l'utilité de ces pantomimes, pourquoi continue-t-on à financer un spectacle factice et ridicule qui ne dissimule même plus la pointe de l'iceberg qui se joue dans les coulisses?

Pour ceux pour qui ce n'est qu'un jeu, au vu de leurs conditions de privilégiés dénués de sens, le poids de ce qui tient leurs ficelles semble donc dépasser toute notion d'anticipation, toute idée des conséquences plus ou moins immédiates de leurs exécutions, toute éthique responsable, tout respect de tout, donc au final, même d'eux-mêmes.

Mais ce sont pourtant des personnes, comme nous, qui auraient mieux fait de se rappeler d'abord, comme le disait si bien Tatanka Iyotake, que « lorsque la dernière goutte d'eau sera polluée, le dernier animal chassé et le dernier arbre coupé, l'homme blanc comprendra que l'argent ne se mange pas » - aujourd'hui valable pour tous les humains, bien évidemment.

A cela il faut ajouter que jusqu'au milieu du XIXème siècle - il y a peu finalement - certains étaient bien satisfaits grâce au créationnisme qui induisait une hiérarchie subjective, proclamant notre condition de préférés, de tout-puissants, avec l'homme blanc et de bonne famille tout en haut de la pyramide, se servant de tout ce que ce Dieu imaginé à son image aurait mis à sa disposition.

Seulement, depuis Darwin et les débuts de l'Ere Industrielle, un besoin de prouver qu'on peut tout anéantir à sa guise s'est renforcé; jouer au despote s'est banalisé et même généralisé comme un atout enviable, comme si pour se rassurer, les auto-proclamés "préférés" se tenaient à être de ceux qui peuvent à loisir casser d'un revers de la main toute branche somptueuse qu'un arbre magnifique aurait mis des années à faire pousser. Ceux-là même qui auraient été incapables de la faire pousser, qui dénigrent la force de vie mystérieuse qui anime lentement et sûrement cet arbre tout au long de sa vie.

Conclure que la plupart d'entre nous feraient la même chose à la place des différentes sortes de puissants n'est certainement pas une raison pour ignorer le fait qu'à notre place, avec nos vies, nos cultures et nos vécus, ces mêmes personnes seraient probablement tout autant indignées que nous. De génération en génération, se transmet et dégénère ce qui relève finalement d'un manque d'éducation de plus en plus notoire, avec le soutien de tout un système déconnecté de l'humain, qui mène tout droit à la sortie de la survie de notre espèce. Ainsi, le 2 mai dernier Fabrice Nicolino publiait sur sa page "Planète sans visa", à très juste titre: « Je vous le dis exactement comme je le pense : je suis d’avis de déposer des plaintes pénales contre tous ces gens irresponsables. »

En effet, ne pas réagir devient tout bonnement de la non-assistance à planète en danger.

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